Le potentiel des énergies renouvelables a été prévu par une scientifique américano-hongroise. Il s’agit en réalité de Maria Telkes. Cette scientifique a été commémorée le 12 décembre 2022 à l’occasion de son 122e anniversaire. Par la même occasion, le 70e anniversaire de son obtention du premier prix d’excellence de la Society of Women Engineers, le 12 décembre 1952, a également été fêté.

Qui est Maria Telkes ?

Maria Telkes est une physicienne hongro-américaine pionnière, née le 12 décembre 1900. Elle est considérée aujourd’hui comme l’une des premières personnes ayant rendu possible le développement de l’énergie solaire.

Ayant étudié la chimie et la physique à l’université Lorand-Eotvos en Hongrie, elle obtient son doctorat en 1924. Suite à cela, elle immigre aux États-Unis. Elle commence ses recherches à Cleveland, dans l’Ohio, et travaille d’abord en tant que biophysicienne à la Cleveland Clinic Foundation en enquêtant sur des ondes cérébrales.

A cette occasion, elle a co-écrit le livre Phenomenom of Life avec George Washington Crile, son mentor. Par la suite, elle étudie la conversion de la chaleur en électricité pour Westinghouse. En 1937, elle obtient la citoyenneté américaine. En 1937, elle accepte un emploi au sein du Massachusetts Institute of Technoloy, ou le MIT, afin d’étudier l’énergie solaire.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que les États-Unis entrent en guerre, Telkes est nommée conseillère civile au bureau de la Recherche scientifique et du Développement. Grâce à ce rôle, elle a pu développer une machine de dessalement à énergie solaire. Cette dernière a été conçue afin de fournir aux soldats partis sur le champ de bataille ainsi qu’aux civils de l’eau potable. Cette eau, propre et distillée, provient de l’eau de mer des environnements hostiles et arides, principalement du Pacifique.

C’est après la guerre que Telkes prend conscience de la réelle importance des énergies renouvelables, notamment de la chaleur. Elle commence par développer des maisons à énergie solaire. Elle réalise en effet que le stockage de l’énergie thermique représenterait un problème urgent. A cet effet, elle estimait que les sels fondus pourraient fournir une solution à ce problème.

Une série d’expériences, pas toujours concluantes

Lorsque Telkes découvre le potentiel du sel, une série d’expériences a lieu. Cependant, une conception centrée sur le sulfate de sodium, ou sel de Glauber, échoue. A l’issue de cet échec, le docteur Telkes arts blâmée par le président des fonds d’énergie solaire du MIT, Hoy C. Hottel. Ainsi, elle est retirée du projet.

Toutefois, Telkes persévère de manière indépendante. Elle va par la suite travailler sur la Dover Sun House avec Amelia Peabody, une philanthrope, et l’architecte Eleanor Raymond. Les expériences reprennent alors.

Ces scientifiques travaillent de nouveau sur un processus permettant d’emprisonner la chaleur. Une maison où le sel de Glauber était de nouveau utilisé est créée. La chaleur, emprisonnée, est progressivement libérée lorsqu’un refroidissement se fait ressentir. Ainsi, elle peut être distribuée uniformément par des ventilateurs électriques.

Ce projet est initialement un succès, et est d’ailleurs acclamé par le magazine Popular Science. Cependant, des problèmes surviennent et un rapport défavorable quant au fonctionnement du département solaire du MIT conduisent à l’expulsion de Telkes en 1953.

Toutefois, la scientifique ne se laisse pas décourager. Au contraire, elle continue les expériences, persuadée de ce qu’elle pense. C’est ainsi qu’elle déménage au College of Engineering de l’université de New York. Là, elle développe un four fonctionnant à partir de l’énergie solaire principalement destiné aux endroits éloignés des sources d’électricité. Avec ce nouveau projet, elle obtient une subvention de la Fondation Ford.

Maria Telkes

Une fin de carrière triomphante

Dans les années 1960, et durant plusieurs années, Maria Telkes travaille dans l’industrie pour Curtiss-Wright Company, pour Cryo-Therm et pour Melpar. Cependant, elle décide de retourner travailler à l’université, plus précisément pour le développement de l’énergie solaire domestique.

Vers la fin des années 1960, elle est à l’Institute of Energy Conversion de l’université du Delaware, et travaille sur des cellules photovoltaïques. Par la suite, elle change de cap et travaille pour le département américain de l’Énergie.

Lors de la première conférence internationale des femmes ingénieures et scientifiques à New York, Maria Telkes s’exprime devant le public. Elle déclare qu’en réalité, elle aime faire ce que beaucoup de personnes qualifient d’impossible. En effet, elle déclare être intéressée par tout ce qui doit normalement être impossible.

Malgré les échecs qu’elle a rencontrés tout au long de sa carrière, Maria Telkes a toujours suivi sa voie et ses croyances, en pensant que l’énergie solaire serait un jour une alternative à bien des problèmes. Durant toute sa vie, elle a obtenu plus de 20 brevets à son nom. Véritable visionnaire, elle décède le 2 décembre 1995 dans sa ville natale de Budapest. Pour aller plus loin, découvrez 10 femmes étonnantes dans le domaine des sciences et des mathématiques.

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