De gauche à droite : représentations artistiques du Conacodon hettingeri, du Miniconus jeanninae et du Beornus honeyi — © Banana Art Studio

Des chercheurs américains ont récemment décrit trois espèces de mammifères jusqu’alors inconnues. Apparus peu de temps après l’extinction des dinosaures, ceux-ci possédaient des caractéristiques atypiques.

Des ongulés archaïques

La série d’évènements cataclysmiques ayant entraîné la disparition de la plupart des dinosaures il y a 66 millions d’années est souvent considérée comme la genèse de « l’âge des mammifères », car ces petites créatures opportunistes ont pu prospérer, dominer et se diversifier au sein du vide écologique laissé par les reptiles préhistoriques. Dans le cadre de travaux publiés dans le Journal of Systematic Palaeontology, des chercheurs de l’université du Colorado ont décrit trois nouvelles espèces de mammifères archaïques, suggérant une évolution de ces derniers beaucoup plus rapide que prévu.

« Lorsque les dinosaures se sont éteints, l’accès à différents aliments et environnements a permis aux mammifères de prospérer, de diversifier rapidement leur anatomie dentaire, et d’évoluer vers une plus grande taille corporelle », explique Madelaine Attebury, auteure principale de l’étude. « Ils ont clairement profité de cette opportunité, comme le montre la radiation de nouvelles espèces de mammifères s’étant produite dans un laps de temps relativement court après l’extinction de masse. »

Arpentant l’Amérique du Nord au début du Paléocène, quelques centaines de milliers d’années seulement après la disparition des dinosaures, les trois espèces décrites ont été découvertes dans le bassin de Great Divide, zone aride et accidentée située dans le sud du Wyoming. Baptisées Miniconus jeanninae, Conacodon hettingeri et Beornus honeyi, elles appartenaient à un groupe diversifié de mammifères connus sous le nom d’ongulés archaïques (ou condylarthes), ancêtres des animaux à sabots actuels, mais se distinguaient des autres espèces de la famille des Periptychidae par leurs prémolaires épaisses et leurs crêtes d’émail verticales.

Mâchoire fossile de Beornus honeyi

Faisant la taille d’un chat domestique (quand les mammifères qui côtoyaient les dinosaures atteignaient à peine celle d’un rat), Beornus honeyi était la plus grande de ces trois espèces et possédait également des caractéristiques dentaires uniques, notamment des molaires boursouflées. Son nom fait référence à Beorn, personnage du Hobbit dont les joues enflaient lorsqu’il se transformait en ours.

Une diversification des espèces de mammifères plus rapide que prévu

« Des études antérieures suggèrent qu’au cours des premières centaines de milliers d’années ayant suivi l’extinction des dinosaures, la diversité des mammifères était relativement faible dans la partie intérieure occidentale de l’Amérique du Nord, mais la découverte de trois nouvelles espèces dans le bassin de Great Divide suggère une diversification rapide après cet évènement », déclare Attebury.

Selon l’équipe, ces nouveaux condylarthes périptyques ne représentent qu’un faible pourcentage des plus de 420 fossiles de mammifères découverts sur le site. Les futures analyses pourraient conduire à la description de plusieurs autres espèces, offrant un aperçu plus précis de la diversité mammalienne au Paléocène inférieur.

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