Héritage des Vikings, ces maisons végétales biodégradables se fondent dans la nature islandaise

Vivre en harmonie avec la nature est une part importante du quotidien dans certains pays. Cela peut passer par différentes actions et en Islande, c’est la nature qui s’invite directement sur les toits et les murs des maisons. Là-bas, les maisons se fondent dans le décor environnant, créant des lieux magiques qui semblent avoir été créés par la nature elle-même.

POURQUOI LES MAISONS SONT-ELLES FAITES EN GAZON ?

Si les maisons aux toits végétaux sont devenus assez fréquents, en Islande ce type d’architecture peut s’étendre à toute la maison. Des milliers de maisons ont vu le jour grâce à cette technique et on pourrait croire que c’est pour mieux s’intégrer dans le paysage. Cependant, la raison principale est liée au manque de bois sur l’île.

Rare et lent à se régénérer, le gazon a été privilégié par les architectes car il est disponible en grande quantité, renouvelable facilement et résiste très longtemps. Pour créer une maison comme celle-ci, il faut dans un premier une structure en bois qui sert de base.

Puis elle est recouverte de briques de gazon découpées dans des tourbières. Ces briques font à la fois office de murs mais aussi d’isolant thermique. Leur résistance est telle que ces briques de gazon ne sont changées en moyenne que tous les 20 ans.

DEPUIS QUAND CES MAISONS ATYPIQUES EXISTENT-ELLES ?

Si la pelouse est un matériau architectural utilisé depuis le néolithique, leur arrivée en Islande est beaucoup plus récente. Ce n’est qu’entre le IXe et le XIe siècle que les terres sauvages de cette île ont vu débarquer les premières maisons aux toits de pelouse. La technique a été importée par les colons Nordiques et Britanniques venus s’installer en Islande.

Très répandues notamment dans le Nord de l’Europe (Norvège, Ecosse, iles Féroé…), ces maisons végétales représentaient près de la moitié des maisons de l’île jusqu’à la fin du XIXe siècle. Pourtant, ces petites maisons aujourd’hui indissociables du pays ont bien failli disparaître.

L’essor de la capitale Reykjavik et des grandes villes a poussé les architectes à privilégier le bois puis le béton à la maçonnerie de pierre et de terre. Puis, quand le pays obtient son indépendance en 1918, un désir de modernisation de la part des nationalistes surgit. La survie des maisons aux toits de pelouse est menacée, certains les critiquent et une campagne visant à les défricher a même vu le jour. Cependant, comme cela fut considéré comme une destruction du patrimoine naturel, elle n’aboutira pas.

UNE TRADITION SAUVÉE

Avec l’arrivée des touristes dans le courant du XXe siècle, le pays a souhaité remettre en avant cette tradition héritée des premiers habitants de l’île. La valeur architecturale de ce style unique a été ré-examiné et a mené à une proposition d’intégration au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011. Comme il était possible de le lire sur le dossier d’inscription :

« La maison en gazon est un exemple exceptionnel d’une tradition architecturale vernaculaire qui a survécu en Islande. La forme et la conception de la maison en gazon est l’expression des valeurs culturelles de la société et s’est adaptée aux changements sociaux et technologiques qui ont eu lieu au cours des siècles. »

Aujourd’hui, elle fait la fierté de ses habitants et ces paysages d’une beauté sans égal ne seraient pas les mêmes sans ces petites maisons qui semblent jouer à cache-cache !


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