C’est officiel : le Luxembourg est devenu le samedi 29 février le premier pays au monde à rendre l’ensemble des transports en commun (train, bus et tramway) gratuits pour tous les citoyens, ainsi que pour les étrangers. Une mesure prise par le gouvernement afin de réduire les trajets en voiture et de privilégier des modes de déplacement plus respectueux de la planète.

Une première mondiale 

Finis les abonnements et les tickets : le Luxembourg est devenu officiellement le week-end dernier le premier pays au monde à offrir la gratuité des transports publics à ses citoyens et touristes. Une “première mondiale et une mesure sociale importante”, rapporte fièrement le ministre luxembourgeois de la Mobilité et écologiste François Bausch.

Grâce à cette nouvelle mesure, les familles empruntant régulièrement les transports en commun du grand-duché devraient alors économiser près de 100 euros par an. Toutefois, la première classe des trains demeurera payante. Les distributeurs de billets seront progressivement retirés. Malgré cela, des points de vente permettant aux voyageurs d’acheter des tickets pour l’international et de première classe pour le train au sein du Luxembourg seront toujours à disposition. 

— Martyn Jandula / Shutterstock.com

Délaisser la voiture et privilégier des modes de transport alternatifs plus respectueux de l’environnement

L’objectif principal du gouvernement est de pousser les citoyens à délaisser leur voiture et de privilégier des modes de transport publics et alternatifs plus respectueux de l’environnement. Aujourd’hui, près de 47 % des trajets vers le lieu de travail sont réalisés en voiture par 610 000 habitants du pays.

Je suis contente, c’est une bonne mesure écologique. Ça va faciliter la vie de ne pas devoir acheter une carte (25 euros) chaque mois”, se réjouit Anna Beirrao, une Luxembourgeoise. “Peut-être que de plus en plus de gens prendront les transports en commun. Personnellement, je n’utilise que ça et mon vélo”, ajoute un autre passager du nom de Thierry.

Il faut vraiment changer le système. Partout dans le monde, on doit faire le même constat : la mobilité, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, est un échec : des embouteillages partout, l’espace urbain ne fonctionne plus, au niveau rural les gens sont délaissés”, explique également François Bausch. 

Un plan de financement de taille pour améliorer les infrastructures

La mise en place de transports gratuits s’accompagne également d’un plan de financement de taille afin d’améliorer les infrastructures du pays, notamment ferroviaires. Le gouvernement prévoit ainsi d’investir jusqu’à 3,2 milliards d’euros d’ici 2027. Des premiers travaux ont déjà été réalisés entre 2008 et 2019 pour 2,8 milliards d’euros.

Actuellement, les embouteillages y sont très fréquents. Si la voiture est utilisée à 47 % comme mentionné plus haut, le bus n’est utilisé que pour 32 % des déplacements et le train à 19 %. Au contraire, 70 % des travailleurs utilisent les transports en commun à Paris. De plus, près de 200 000 étrangers se rendent chaque jour au Luxembourg afin d’y travailler. Ceux-ci représentent d’ailleurs environ un salarié sur deux et empruntent majoritairement leur voiture.

 Par ailleurs, le gouvernement souhaite doubler le nombre de places de parking, d’améliorer les lignes de bus, de transmettre en temps réel les informations aux voyageurs, de doubler le nombre de points de recharge pour les véhicules électriques, d’améliorer les pistes cyclables, d’élargir le réseau de tramway et d’ouvrir une troisième voie sur les autoroutes qui sera consacrée au covoiturage. Ainsi, le ministre souhaite faire de son pays “un laboratoire de la mobilité du XXIe siècle. La gratuité est d’abord un levier pour provoquer le débat et améliorer la convivialité.

Un projet qui ne fait pas l’unanimité 

Malgré les nombreux avantages que promet cette nouvelle mesure, ce projet ne fait tout de même pas l’unanimité. “On a investi durant des années dans la construction de routes. Le gouvernement fait des efforts, mais on a un énorme retard en ce qui concerne le développement des transports en commun. L’amélioration de l’offre est plus importante que la gratuité”, explique Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique luxembourgeois, une association environnementale.

Par ailleurs, même s’ils doivent être reclassés, les agents de transport sont particulièrement inquiets. “On ne sait pas encore ce qu’on va devenir. Tous les agents de mobilité des transports publics s’inquiètent. Ce n’est pas encore clair”, rapporte l’un d’entre eux, du nom de Yannick. 

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