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La pollution lumineuse est certes moins grave que d’autres formes de pollution, mais elle n’en est pas moins néfaste pour l’environnement, et notamment pour les animaux. Parmi les principales victimes de la pollution lumineuse figurent les oiseaux. Selon les scientifiques, il existe une solution très simple à ce problème : éteindre les lumières.

Une corrélation évidente entre les éclairages et les collisions d’oiseaux avec des bâtiments

Afin d’éviter les prédateurs et pour pouvoir s’orienter grâce aux étoiles, deux oiseaux migrateurs sur trois voyagent la nuit. Malheureusement, voyager la nuit n’est plus aussi sûr pour les oiseaux à cause de la pollution lumineuse. En effet, les lumières des villes peuvent perturber les oiseaux sur leur chemin migratoire, modifiant parfois leur trajectoire et les amenant à mauvaise destination, ou augmentant inutilement la durée de leur épuisant voyage. Outre les problèmes d’orientation, les lumières vives n’attirent pas seulement les insectes, mais aussi les oiseaux, causant de nombreuses collisions mortelles pour ces animaux.

Pour illustrer la gravité de la situation, les statistiques du Cornell Lab of Ornithology indiquent qu’en Amérique du Nord, les populations d’oiseaux ont diminué de près de 3 milliards d’individus depuis les années 1970. Et les estimations indiquent qu’aux États-Unis, entre 365 millions et 988 millions d’oiseaux meurent chaque année à cause des collisions avec des bâtiments, a rapporté Popular Science. Les auteurs de l’étude ont également tenu à préciser dans leur article publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences que les conditions météorologiques et la pollution lumineuse ont fait perdre à l’Amérique du Nord « près d’un tiers de son avifaune au cours du dernier demi-siècle, les espèces migratrices connaissant des déclins particulièrement aigus ».

Après plusieurs décennies de recherche, les scientifiques du Field Museum à Chicago ont trouvé une solution très simple à ce problème : éteindre les lumières. Au cours de leur étude, les chercheurs ont en effet constaté qu’il y avait beaucoup moins d’oiseaux trouvés morts lorsque les lumières étaient éteintes. Durant leurs observations à Chicago, il a même été établi qu’il y avait six fois moins de collisions pendant la migration automnale quand la moitié des lumières aux fenêtres d’un grand bâtiment ont été éteintes. Pendant la migration printanière, ce chiffre est même allé jusqu’à 11 fois moins de collisions d’oiseaux, a rapporté The Guardian.

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Une étude qui apporte une solution très simple pour sauvegarder les oiseaux migrateurs

« Notre recherche fournit les meilleures preuves à ce jour que les oiseaux migrateurs sont attirés par les lumières des bâtiments, les faisant souvent entrer en collision avec les fenêtres et mourir », a déclaré Benjamin Van Doren, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. Les chercheurs ont également tenu à saluer le travail accompli par David Willard. Pendant plus de 40 ans, ce dernier a mené un grand nombre d’observations afin de déterminer la cause du grand nombre d’oiseaux trouvés morts à proximité du McCormick Place. Ce n’est qu’après 20 ans d’observations que Willard a établi une corrélation entre les lumières allumées du bâtiment et les oiseaux morts.

Les efforts conjoints des chercheurs ont ainsi permis de conclure que si d’autres facteurs comme la météo, le nombre d’oiseaux dans le ciel et le passage migratoire jouaient un rôle sur ces collisions d’oiseaux avec des bâtiments urbains, l’éclairage est le facteur déterminant dans ce phénomène. Étant donné les résultats de leur étude, et la solution simple et évidente au problème, les chercheurs espèrent que plus d’efforts seront désormais déployés pour aider les oiseaux migrateurs. « Nous pouvons sauver les oiseaux simplement en éteignant les lumières pendant une poignée de jours à haut risque chaque printemps et automne. En adaptant nos prévisions de migration publiques existantes pour identifier les nuits à haut risque de collision, nous pourrons émettre des avis d’extinction ciblés plusieurs jours à l’avance », a ainsi conclu Van Doren.

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