Partez à la découverte de la ville norvégienne où il est interdit de mourir

Reconnu pour être l’un des territoires les plus au nord de la planète, l’archipel du Svalbard est un lieu au climat rude et aux règles étonnantes. Sa capitale (la plus septentrionale au monde), Longyearbyen, est une ville où il est légalement interdit de mourir. Zoom sur cette localité aux règles insolites.

A Longyearbyen, interdiction de mourir

Situé à proximité du pôle nord et appartenant à la Norvège, le Svalbard est un archipel composé d’une trentaine d’îles. Sa capitale, nommée Longyearbyen (mélange du nom de son fondateur américain John Munro Longyear et du norvégien byen signifiant « la ville »), est la plus nordique de la planète. Elle se situe sur l’île principale du Svalbard, Spitzberg. Longyearbyen compte un peu plus de 2 000 âmes et attire les globe-trotters, avides de paysages uniques. Les curieux souhaitant s’y rendre doivent savoir que le climat polaire n’est pas des plus chaleureux (hivers longs et froids, étés frais). Autre chose étonnante, la vie de cette capitale est régie par des lois assez strictes et surprenantes. La plus étonnante d’entre elles : il est interdit d’y mourir.

C’est un fait depuis 1950, il est légalement interdit de mourir à Longyearbyen. Cette mesure a priori totalement absurde, puise sa logique dans les températures polaires qui sévissent à cette latitude. Les températures étant bien souvent négatives, le sol est gelé en permanence et empêche la décomposition des cadavres. Un exemple récent illustre cela. En 1998, des scientifiques canadiens menés par la géographe médicale Kirsty Duncan (actuelle ministre des Sciences canadienne) ont exhumé des cadavres de personnes mortes des suites de la grippe espagnole en 1917, pour prévenir d’éventuelles pandémies. Lors de leurs analyses, ils ont trouvé des particules du virus, toujours présentes après des décennies. La population de Longyearbyen n’avait aucune idée qu’elle vivait en présence d’un virus mortel vieux d’un siècle. C’est pour cette raison que la mairie a interdit à ses administrés de mourir sur place.

Un fjord enneigé dans la vallée de Longyearbyen

Une ville régie par des lois étonnantes

La commune ne s’est pas arrêtée là. En plus de n’accepter aucun nouvel habitant, la mairie a mis en place un dispositif visant à ce que sa population aille mourir ailleurs. Ainsi, les malades en phase terminale sont automatiquement transférés jusqu’à la capitale norvégienne, Oslo (à 2 000 km de l’archipel). Suivant la même logique, Longyearbyen ne possède aucune maison de retraite ni service de gériatrie. Le cimetière reste cependant en activité, les cendres des personnes voulant être incinérées peuvent y être conservées. Mais le dispositif est peu employé. D’autres lois tout aussi surprenantes ont cours dans la capitale du Svalbard.

Plus ou moins explicables, plusieurs lois très surprenantes sont en vigueur à Longyearbyen. Les naissances, comme les décès, n’y sont pas tolérées. En raison de l’absence d’hôpital, les femmes enceintes sont transférées sur le continent des semaines avant le terme de leur grossesse et elles ne peuvent revenir en ville qu’une fois la santé de leur bébé stabilisée. Autre loi, les chats sont interdits en ville dans le but de préserver les volatiles de la région. Il est par ailleurs obligatoire de retirer ses chaussures avant d’entrer dans un bâtiment et l’achat d’alcool est rationné. Cette dernière règle s’explique par le fait que les boissons alcoolisées sont très peu chères en ville. La ville a donc rationné la quantité maximale d’alcool achetée par personne et par mois. La mairie n’a pas voulu créer des vagues d’alcoolisme.

Des habitations éparses à Longyearbyen

Si malgré toutes ces règles, quelqu’un souhaite toujours s’installer à Longyearbyen, il faut savoir que les autorités chassent les résidents au chômage ou qui viennent de perdre leur emploi. Ils estiment qu’au vu des conditions de vie extrêmement rudes sur place, chaque personne doit être capable de subvenir à ses besoins. Ainsi, les personnes sans emploi ne sont pas autorisées à y vivre. La capitale du Svalbard est de ce fait l’une des villes avec le plus faible taux de chômage du monde. Cela donne en tout cas de quoi réfléchir… Éclairée par toutes ces informations, on comprend mieux pourquoi Longyearbyen reste aussi peu peuplée et pourquoi le Svalbard est un endroit bien préservé. Même si ces différentes lois peuvent faire sourire ou révolter, elles ont toutes un but : protéger les habitants et le territoire.

Un panorama de la capitale du Svalbard entourée de montagnes

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux