Des lions sont lâchement empoisonnés pour de simples parcelles de terre

Une récente déclaration de l’AFP a indiqué la mort de onze lions dans le parc national reine Elisabeth, une réserve naturelle située dans l’Ouganda. Si la cause de la mort reste inconnue, les Autorités ougandaises penchent en faveur de l’empoisonnement.

Des lions supposément empoisonnés

Une enquête a été ouverte, mais nous soupçonnons un empoisonnement. Mais ce n’est encore qu’un soupçon et nous tentons d’établir la cause réelle de la mort.”, a déclaré Bashir Hangi, le chargé de communication à l’Autorité ougandaise de la faune, à l’AFP suite à la découverte de 8 lionceaux et 4 lionnes morts dans le parc national reine Elisabeth près du village de pêcheurs de Hamkungu. Ce qui l’amène à penser à la piste de l’empoisonnement, ce sont les précédents cas de lions morts dans le parc suite à un empoisonnement quelques années auparavant.

C’est en 2006 et 2007 que ces morts ont commencé à survenir. Quinze lions avaient été retrouvés morts dans ce parc. Selon les experts, ils auraient été empoisonnés par les habitants des villages avoisinants. En 2010, ce sont cinq lions qui ont trouvé la mort, cette fois-ci empoisonnés par des éleveurs qui cherchaient de nouvelles terres pour leurs troupeaux. Et en 2017, le poison a encore frappé, tuant quatre lions du parc. A ce rythme-là dans cinq ans, il n’y aura plus de lions dans le parc reine Elisabeth.

L’Alidcarbe comme arme du crime ?

Ce pesticide, aussi connu sous l’appellation Témik, est un insecticide puissant qui peut également être utilisé comme poison. Le Témik agit directement sur le système nerveux après ingestion. Il sécrète une enzyme qui va détruire la substance responsable de la transmission neurologique. Une ingestion de ce poison entraîne souvent la mort par suffocation.

Le Témik a déjà été précédemment utilisé par des éleveurs pour tuer différents animaux qu’il jugeaient nuisibles comme par exemple des chiens, des vautours, des léopards ou des lions. Au Kenya, en 2015, des lions de la meute Marsh ont été empoisonnés après avoir mangé la carcasse d’une vache qui avait été au préalable aspergée de Témik. Cette carcasse a également causé la mort de plusieurs vautours. Cette pratique devient courrante et de plus en plus menaçante pour les lions qui ont vu leur nombre décroître de 90 % en 75 ans.

Vu son passé mouvementé, l’Aldicarbe est le suspect numéro un en ce qui concerne la mort par empoisonnement des lions. Mais rien n’est encore prouvé, les corps des lions ont été emmenés à la ville de Mweya pour de plus amples analyses.

Des conséquences à la fois écologiques et économiques

La communauté de lions d’Afrique en Ouganda ne cesse de décroître ces dernières années. Des chercheurs de la Wildlife Conservation Society et de l’université écossaise de St. Andrews ont déclaré en 2013 que la population de lions d’Afrique en Ouganda avait diminuée de plus de 30 % au cours de la dernière décennie suite à des empoisonnements par des éleveurs locaux par vengeance pour la mort de leur bétail mais aussi pour d’autres conflits territoriaux. Une vengeance qui s’explique par la lourde perte économique induite par la mort du bétail mais qui ne justifie en rien la mort des lions. Des alternatives, comme une compensation monétaire donnée aux éleveurs en cas de perte du bétail, sont en discussion pour éviter que de pareils drames ne se reproduisent.

Au-delà de la mort d’espèces protégées, la mort de ces lions est un vrai drame pour le parc qui risque de voir son taux de fréquentation touristique chuter. En effet, selon une enquête de la Société de préservation de la faune en 2006, les touristes se rendent dans le parc reine Elisabeth principalement pour pouvoir y admirer des lions dans leur habitat naturel.

Aujourd’hui, on ne connait toujours pas avec certitude la cause de la mort de ces 11 lions mais l’empoisonnement reste la cause la plus probable. Une enquête est en cours et les autorités ougandaises comptent sur la loi pour punir le ou les responsables de cette tragédie.


Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse

— Balzac