Le botaniste russe Nikolai Vavilov a réussi une véritable prouesse en réintroduisant plusieurs légumes disparus depuis des décennies en France. On peut citer les “haricots de Lyon” ou encore le chou “quintal d’Auvergne”, de très vieux légumes français qui n’étaient plus cultivés. Mais les découvertes de semences anciennes à Saint-Pétersbourg, en Russie, ont permis de les remettre au goût du jour. Explications.

Réintroduire ces semences sur leur lieu d’antan

L’Institut Vavilov de Saint-Pétersbourg va ouvrir près de Lyon une nouvelle station de conservation et de multiplication de semences avec l’aide de plusieurs partenaires majeurs français. C’est une aubaine pour la France que d’accueillir un tel organisme, car nous allons pouvoir retrouver des semences qui étaient disparues depuis des dizaines d’années.

Au total, Vavilov conserve, mais reproduit également plus de 350 000 variétés de graines, avant de les redistribuer gratuitement. Et à travers ses jardins connectés, la diffusion de cette incroyable banque de semences russe est de plus en plus efficace.

Comme c’est le cas pour Lyon (plus précisément à Charly), des stations sont régulièrement inaugurées pour permettre les cultures. On peut également citer le chou quintal d’Auvergne qui a été réintroduit massivement en Haute-Loire, l’année dernière. À Lyon, la station qui sera mise en place se placera sur environ quatre hectares, dans le but de cultiver environ trois hectares : un maïs du XVIIe, un maïs de Bresse et un tournesol russe.

En quoi consiste ce projet ?

Stéphane Crozat, qui est un ethno-botaniste ayant travaillé notamment au CNRS, estime que : “Nous avons choisi des variétés résistantes aux maladies, qui attirent les insectes auxiliaires”. En effet, plusieurs types de plantations ont été par le passé préférées à d’autres, que ce soit pour des raisons d’adaptations climatiques, ou par leur facilité d’entretien. Logiquement, certaines ont décliné. 80 % de la ressource génétique cultivée a disparu en 70 ans selon un rapport de la FAO (agence des nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Mais à l’heure d’aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir redécouvert des semences dans des endroits insoupçonnés (comme dans le Caucase), nous donnant l’occasion de les cultiver de nouveau. Si certains y voient une part de notre patrimoine culturel perdue, ces semences sont en tout cas des éléments de la diversité agricoles. De plus, les plantes sont très sensibles face aux effets du réchauffement climatiques.

Pour ce faire, un budget de 400 000 euros est prévu pour faire fonctionner la nouvelle station qui sera près de Lyon. Afin de faire connaître leur travail au grand public et de susciter de l’intérêt, une boutique, une pépinière et un service de documentation seront également mis à disposition. Ce n’est ici pas un cas isolé, car plusieurs établissements de la sorte existent déjà, comme le groupe SEB à Ecully, inauguré en 2016. C’est un véritable laboratoire d’innovation et un espace de démonstration. À terme, 15 nouveaux jardins comme celui-ci sont prévus en France, et encore plus dans le monde.

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