Tel est pris qui croyait prendre : cette larve impitoyable séduit ses prédateurs pour les dévorer de l’intérieur

La nature est pleine de créatures surprenantes. Un insecte a par exemple évolué pour inverser le rapport proie-prédateur qu’il entretenait avec une autre espèce. SooCurious vous présente cet incroyable phénomène.

L’écosystème de notre planète est ainsi fait que la plupart du temps, la proie est plus petite que son prédateur. Mais dans 10 % des cas, le rapport s’inverse et le chasseur devient chassé. C’est ce que fait un curieux coléoptère, et ce, de sa naissance jusqu’à l’âge adulte.

 

Une larve d’Epomis : 

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Deux coléoptères, Epomis circumscriptus et Epomis dejeani, ont magnifiquement évolué. Ainsi, leurs larves ont développé une curieuse manière de chasser. Pour se nourrir d’amphibiens, qui s’alimentent pourtant d’insectes, les Epomis naissants séduisent littéralement leur futur repas.

A l’aide d’une danse hypnotique, qui consiste en des mouvements des mandibules, les larves attirent les crapauds, grenouilles et autres salamandres. Celles-ci, lorsqu’elles tentent de se saisir de leur proie supposée, voient leur attaque échouer dans la majeure partie des cas. Les redoutables larves, après avoir esquivé l’assaut, s’accrochent à l’amphibien pour ne plus le lâcher. Grâce à des enzymes, l’insecte va alors liquéfier les entrailles de son hôte avant de s’en nourrir.

 

La danse hypnotique de la larve d’Epomis : 

Epomis2

Dans quelques cas cependant, l’amphibien ne voit pas l’insecte, et d’autres fois, même, il réussit à ingérer sa proie. Mais le résultat est toujours le même. Dans le premier cas, la larve s’accroche directement à son hôte, faisant l’impasse sur sa traditionnelle danse hypnotique. Dans le second cas, l’amphibien est forcé de recracher l’Epomis, et celui-ci finit par avoir gain de cause, plantant ses dents dans la peau de l’infortuné animal.

La méthode de chasse du jeune Epomis fait partie intégrante de son évolution. Celle-ci, composée de trois stades distincts, le force à ingérer toujours plus de nourriture. Lors de la première et de la deuxième phase, la larve se nourrit d’un total de 3 à 4 amphibiens. Au dernier stade, l’insecte peut en revanche se repaître de cinq victimes.

 

La larve d’Epomis esquive l’attaque de l’amphibien et s’accroche à lui : 

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Autre fait remarquable chez les Epomis : ils font évoluer leurs techniques de chasse à mesure qu’ils grandissent. Car si les mâchoires des larves sont conçues pour rester accrochées à leurs proies, le coléoptère adulte, lui, saute sur le dos de ses proies et inocule son poison en quelques instants. Une fois cela fait, il incise le bas du dos de sa victime, très certainement pour lui sectionner les muscles moteurs et la dévorer en toute tranquillité.

L’évolution de l’Epomis lui a permis d’inverser les rôles, prenant le dessus sur les amphibiens. Mais le plus remarquable reste l’adaptation constante de l’espèce, qui agit en parasite lors de sa croissance, pour devenir un véritable prédateur agressif à l’âge adulte.

 

L’Epomis liquéfie peu à peu les entrailles de son hôte : 

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Cet insecte est réellement remarquable. En plus de sa faculté à se nourrir de proies bien plus grosses que lui, l’Epomis est surtout un fantastique exemple de l’évolution sous sa forme la plus pure : l’adaptation de ses techniques de chasse à son environnement, à ses prédateurs et à sa propre croissance. Si la faune vous intéresse, découvrez également le rat-taupe nu qui intrigue la communauté scientifique puisqu’il ne peut être atteint par aucune forme de cancer.


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