
Suite à son identification dans un ancien cimetière de la ville, des conservateurs ont procédé à la restauration d’une pierre tombale datant du XVIIIe siècle, qui s’est révélée être celle de l’une des premières personnes noires libres connues d’Amérique.
Ici repose le corps de Boston
La découverte est intervenue au Granary Burying Ground, troisième plus ancien cimetière de Boston. Fondé en 1660, il compte plus de 5 000 sépultures et constitue notamment l’ultime lieu de repos de Samuel Adams et John Hancock, signataires de la Déclaration d’indépendance en 1776.
« Nous passions en revue les photos des pierres tombales, et la mention d’un unique nom sur l’une d’entre elles nous a intrigués », explique la conservatrice Kelly Thomas. « Cela laissait penser qu’il s’agissait d’un esclave, ou d’un homme affranchi. »
Un minutieux travail de restauration a permis de préciser ses inscriptions :
ICI REPOSE
LE CORPS DE BOSTON
ÂGÉ DE 70 ANS
DÉCÉDÉ LE 28 FÉVRIER
1728
Jusqu’en 1752, les colonies américaines utilisaient encore le calendrier julien, introduit sous le règne de César. Si l’on se base sur son homologue grégorien, que nous utilisons aujourd’hui, l’homme serait mort au début de l’année 1729.
Experts have identified the gravestone of Boston, a free Black man who died in 1729. https://t.co/6JyrqWJDIL
— All About History (@AboutHistoryMag) July 7, 2026
Les deux dernières décennies de sa vie comme homme libre
L’examen des archives de la ville a révélé une quantité surprenante d’informations au sujet de Boston, nommé Sebastian ou Bastian lorsqu’il était encore esclave. Marié à une certaine Jane Lake, il avait fait baptiser leur fille en 1701 à la First Church de Boston, où il assistait régulièrement aux offices religieux.
En dépit de cette union et du fait qu’ils avaient plusieurs enfants, ils vivaient dans les foyers de leurs maîtres respectifs au tout début du XVIIIe siècle. Boston aurait été affranchi peu de temps après la mort de son maître John Waite, en 1702. À partir de 1708, son nom figurait sur la liste des Afro-Américains libres.
Fait rare pour les Noirs réduits en esclavage ou affranchis de l’Amérique coloniale, une nécrologie évoquant « un homme travailleur et touche-à-tout » lui avait été consacrée dans le New-England Weekly Journal.
L’an passé, des archéologues avaient mis au jour les vestiges de la plus ancienne école pour enfants noirs en Virginie.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: esclavage, sépulture, tombe
Catégories: Actualités, Histoire