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La moitié des réservoirs d’eau de la planète pourraient être obstrués par les sédiments d’ici 2060

L’approvisionnement de plus de 2 milliards de personnes et l’irrigation de plus de 25 % des terres cultivées sont menacés

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— isabel kendzior / Shutterstock.com

Une vaste étude révèle que notre planète perd chaque décennie une part significative de sa capacité de stockage d’eau douce, en raison de l’accumulation de sédiments. D’ici 2060, la moitié de nos réservoirs pourraient être déclarés « fonctionnellement morts ».

Une situation globale

Les barrages empêchent la vase, le sable et le gravier de s’écouler vers l’aval, de sorte qu’au fil du temps, ces matériaux s’accumulent dans ces retenues artificielles, réduisant ainsi la quantité d’eau qu’elles stockent. Pour ne rien arranger, ce phénomène peut également compromettre la sécurité de telles installations et affecter les écosystèmes locaux.

Récemment, Kai Liu, de l’Académie chinoise des sciences, et ses collègues ont combiné clichés satellites, analyses sédimentaires et apprentissage automatique pour évaluer l’état de plus de 550 000 réservoirs à travers le monde. Ces travaux révèlent une quantité d’eau douce perdue annuellement à cause de la sédimentation dépassant les 36 kilomètres cubes, soit un volume comparable à celui que retient le barrage des Trois Gorges en Chine.

Selon l’équipe, un réservoir d’eau douce est « fonctionnellement mort » dès lors que sa concentration en sédiments dépasse 50 %. Un sort que devraient connaître près de 85 % des réservoirs australiens et 75 % des réservoirs espagnols d’ici 2060. À l’échelle du globe, ce scénario concernera la grande majorité des retenues d’eau des régions arides, et la moitié de celles des zones humides.

« Le monde perd chaque décennie plus de 7 % de sa capacité de stockage d’eau douce, ce qui implique que l’approvisionnement de plus de 2 milliards de personnes, ainsi que l’irrigation de plus d’un quart de nos terres cultivées, sont menacés », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Sustainability.

Un problème, des solutions

Pour Ian Wright, de l’université occidentale de Sydney, ces conclusions sont particulièrement préoccupantes. « Avec la hausse des précipitations liée au changement climatique, la situation devrait s’aggraver, en gardant à l’esprit que ces réservoirs devront approvisionner une population croissante », détaille-t-il.

Afin de remédier à cela, l’équipe évoque le reboisement, ainsi que d’autres stratégies de stabilisation des sols en amont des barrages pour lutter contre l’érosion.

« Des solutions d’ingénierie telles que le dragage et la construction de tunnels de dérivation seront également nécessaires, mais leur coût sera faramineux », explique Liu. « Probablement de l’ordre de 100 milliards de dollars. »

Il y a quelques semaines, des chercheurs avaient annoncé la découverte d’un vaste réservoir d’eau à faible salinité sous l’océan Atlantique, qui pourrait contribuer à répondre aux pénuries se profilant.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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