L’association L214 dévoile les conditions de vie effroyables de poules pondeuses dans un élevage

Connue pour ses vidéos dévoilant les conditions des animaux dans certains abattoirs, l’association L214 vient de frapper un nouveau coup. Dans une nouvelle vidéo publiée le mardi 30 mai, elle révèle des « conditions sanitaires exécrables » dans un élevage de poules en batterie situé en Vendée.

DES CONDITIONS SANITAIRES ALARMANTES

Dans un communiqué publié sur son site Internet, L214 révèle le cas d’un élevage de près de 16 000 poules où, selon l’association, les bêtes sont  » déplumées jusqu’à l’extrême. Des parasites prolifèrent sur les oeufs et sur les cadavres de poules gisant dans les cages. Certaines poules, gravement blessées, présentent un cloaque infecté et purulent. Les poules malades ou mourantes ne reçoivent aucun soin « .

Non seulement, ces conditions sont déplorables mais L214 dénonce aussi  » des non-conformités avec la réglementation imposant certains aménagements dans les cages, comme la présence de litières « . Le journal Le Monde rappelle d’ailleurs que la réglementation européenne impose que les poules disposent d’un espace vital d’au moins 750 cm2, assorti d’un nid, d’un perchoir et d’une aire de picotage et de grattage. Or, selon l’association, dans le cas de l’élevage incriminé, cet espace est absent.

ÉLEVEUR ET INDUSTRIEL SE DÉFENDENT

Face à ces accusations, Benoit Geslin le directeur de l’élevage, se défend. Pour lui, il ne s’agirait que d’une question de maladie et non de mauvais traitement.  » On est face à un problème de santé dans ce bâtiment-là puisque ce sont des animaux malades. Le lot est suivi au quotidien par les gens qui travaillent chez nous et puis également par notre vétérinaire conseil et cela ne reflète pas l’état général du propos. On ne peut pas amalgamer la négligence, parce qu’on n’est pas dans de la négligence de suivi d’élevage, à une pathologie sur l’animal. « 

L’élevage attaqué appartient aux Oeufs Geslin et fournit selon L214 la société Lustucru Frais, propriété du géant de l’agroalimentaire Panzani. Pourtant, le groupe a démenti ces accusations et tout en reconnaissant s’approvisionner auprès de la société propriétaire de l’élevage, il assure que les oeufs de l’exploitation n’entraient pas dans sa chaine d’approvisionnement. Son directeur financier Antonio Furtunato a déclaré à l’AFP :  » nous avons aujourd’hui la certitude que nous n’avons jamais reçu de produit de l’élevage incriminé » tout en précisant que l’industriel allait « porter plainte pour diffusion de fausses informations « .

UNE PREMIÈRE VICTOIRE POUR LES DÉFENSEURS DES ANIMAUX

De son coté, L214 a aussi annoncé porter plainte pour maltraitance. L’association a lancé une pétition pour demander au groupe Panzani de prendre ses responsabilité et à « s’engager à exclure les œufs de poules en cage de leurs produits alimentaires ». Et si le groupe agroalimentaire dément utiliser des oeufs provenant de l’élevage en question, suite à ces révélations, il vient pourtant de prendre des mesures fortes. Lustucru Frais a décidé de réaliser un audit sur les conditions d’élevage au sein de la société Geslin et dans l’attente des résultats, a suspendu ses approvisionnements auprès d’elle.

De plus, le géant de l’alimentaire a aussi pris l’engagement de parvenir à un approvisionnement alternatif aux cages au plus tard en 2025. Une décision importante qui intervient alors que la filière française des poules pondeuses a annoncé il y a quelques mois vouloir faire baisser l’élevage en cage pour atteindre 50 % bio ou en pleine air d’ici 2022.

Dans le même temps, plusieurs acteurs majeurs de la grande distribution, à l’image d’Intermarché, Système U, Lidl ou Monoprix, ont annoncé vouloir se débarrasser des oeufs issus de poules élevées en cages d’ici 2020. Un objectif qui semble impossible à tenir selon les producteurs mais qui reste un signe d’espoir pour tous les défenseurs des animaux.


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