
Les lointains ancêtres de nombreuses espèces emblématiques modernes se distinguaient souvent par leur taille. On s’intéresse aujourd’hui au plus grand rongeur de tous les temps, qui évoluait en Amérique du Sud il y a quelques millions d’années.
Josephoartigasia monesi
Décrit pour la première fois en 2008 à partir d’un crâne fossilisé remarquablement complet découvert à la fin des années 1980, Josephoartigasia monesi vivait il y a entre 2 et 4 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui l’Uruguay. Ses restes suggèrent qu’il était morphologiquement plus proche du capybara, autre rongeur sud-américain emblématique, que d’un rat géant.
S’il ne fait aucun doute qu’il s’agissait du plus grand rongeur connu à avoir jamais foulé la Terre, avec une taille au garrot d’environ 1,5 mètre et une longueur proche de 2,5 mètres, son poids exact reste discuté.
Lors de sa description initiale, les chercheurs avaient en effet estimé que ce mammifère préhistorique aurait pu peser jusqu’à 2 500 kilos, soit environ la masse d’un rhinocéros. En 2022, une réévaluation minutieuse l’a plutôt située autour de 480 kilos, soit un poids près de huit fois supérieur à celui des plus gros capybaras.
Auteur principal de ces travaux, publiés dans la revue Royal Society Open Science, Russell Engelman attribuait ces estimations initiales plutôt optimistes à une extrapolation trompeuse : chez les rongeurs, la taille du crâne n’est pas un indicateur fiable de la masse corporelle.

Une force de morsure remarquable
Il y a une dizaine d’années, des modélisations basées sur sa structure maxillaire et dentaire avaient révélé une force de morsure atteignant environ 1 389 newtons au niveau des incisives, et jusqu’à 4 165 newtons pour la troisième molaire.
Bien qu’elle s’avère loin de celle du crocodile marin (environ 16 000 newtons), qui détient le record chez les animaux actuels, elle aurait été suffisante pour briser un fémur humain, qui est l’un des os les plus robustes de notre squelette.
Josephoartigasia monesi en aurait essentiellement fait usage pour se frayer un chemin à travers la végétation, déterrer des racines ou encore repousser des prédateurs.
Au cas où vous vous posiez la question, voici les animaux (vivants et disparus) possédant les morsures les plus fortes.