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194 ans : des chercheurs percent les secrets de la longévité du plus vieil animal terrestre au monde

Jonathan la tortue géante

— Snapper Nick / Shutterstock.com

Pour la première fois, des chercheurs ont séquencé le génome de Jonathan, cette tortue géante considérée comme le plus vieil animal terrestre au monde. Les découvertes réalisées contribuent à éclairer les raisons de son extraordinaire longévité.

Près de deux siècles sur cette Terre

Après Napoléon Bonaparte, cette tortue géante d’Aldabra (Aldabrachelys gigantea) est sans doute la plus célèbre résidente de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud. On estime que Jonathan a atteint l’île en 1882, alors qu’il était déjà âgé d’une cinquantaine d’années, ce qui signifie qu’il aurait aujourd’hui environ 194 ans.

Alors que l’espérance de vie moyenne d’A. gigantea est estimée à 80 ans, au fil des décennies, les chercheurs ont constaté que de nombreux spécimens la dépassaient largement. Afin d’en savoir plus, Stephen Clark et ses collègues ont procédé au tout premier séquençage génétique du doyen des animaux terrestres.

L’équipe s’étant vu refuser sa demande de prélèvements sanguins par les autorités de Sainte-Hélène, en raison du risque d’infection pour la tortue, elle s’est rabattue sur des échantillons de salive et des prélèvements buccaux, plus sujets à la contamination bactérienne. Comparant cette approche à la résolution d’un puzzle, elle a minutieusement assemblé des fragments d’ADN exploitables et comblé les sections manquantes en s’appuyant sur ceux d’une autre tortue d’Aldabra.

La comparaison de son génome à ceux de quatre autres de ses congénères a révélé 287 gènes présentant des mutations propres à Jonathan. Parmi eux, 41 étaient considérés comme fonctionnellement importants et 12 également associés à la longévité d’autres espèces animales. De façon étonnante, certaines régions de son ADN liées au fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules, présentaient des caractéristiques comparables à celles d’un spécimen d’A. gigantea âgé de cinq ans seulement.

— Billion Photos / Shutterstock.com

Une résilience exceptionnelle

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, ces particularités aideraient l’organisme de Jonathan à lutter contre les effets délétères de l’âge, en favorisant notamment la réparation de l’ADN, qui contribue à limiter le risque de cancer.

Le fait que certaines des mutations génétiques de la tortue quasi-bicentenaire soient proches de celles identifiées chez les supercentenaires humains renforce par ailleurs l’idée d’un « vieillissement universel ».

L’an passé, des chercheurs barcelonais avaient également rapporté une fonction mitochondriale exceptionnelle chez Maria Branyas, ancienne doyenne de l’humanité s’étant éteinte à l’âge de 117 ans en 2024.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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