Qu’il s’agisse de réchauffement climatique, de pollution de l’air, de gaspillage alimentaire, et de biens d’autres maux qui font trembler notre planète ; il faut réaliser que chacun a sa part de responsabilité dans ces malheurs. Ainsi, s’il est vrai que les grandes entreprises et les gouvernements doivent faire beaucoup d’efforts pour trouver des solutions à ces problèmes, chaque communauté, chaque foyer et chaque personne devrait également y mettre du sien. Si des gestes faciles comme le recyclage sont à la portée de tous, il existe également des actions moins généralisées, mais tout aussi efficaces et intéressantes, dont notamment la permaculture.

Les principes fondamentales de la permaculture © Wikimedia / Mueller Felix

Le jardinage conventionnel a tendance à utiliser une méthode unique et traditionnelle pour faire pousser des aliments. Ses concepts sont basés sur ce que les jardiniers veulent cultiver, plutôt que sur les plantes qui conviennent le mieux à un morceau de terre particulier. Le jardinage permaculture, quant à lui, repose sur le concept consistant à utiliser les plantes idéales pour un climat donné, et à n’utiliser que ce qui fonctionne le mieux pour l’environnement local.

La permaculture est basée sur l’observation des systèmes naturels, la compréhension de leur fonctionnement et l’application des mêmes principes pour concevoir des systèmes écologiques à faible émission de carbone. Un jardin en permaculture sera donc un jardin conçu pour imiter la croissance naturelle et l’interaction entre les espèces, de sorte qu’aucun engrais ou pesticide ne soit utilisé.


LE MOT « PERMACULTURE » EST UNE ASSOCIATION DES MOTS « PERMANENT » ET « AGRICULTURE ».

S’appuyant généralement sur des plantes indigènes, et conçues de manière à exploiter la lumière du soleil et les régimes hydrologiques, les jardins en permaculture sont souvent utilisés pour la culture d’aliments et d’herbes. Ils ont tendance à être plus petits que les autres jardins, tous les besoins en fertilisation étant contenus dans ses paramètres. Le principe de permaculture consistant à ne pas endommager l’écosystème et à s’appuyer sur le cours de la nature conduit souvent à des jardins extrêmement variés et sains qui nécessitent relativement peu de soins.

Un potager en permaculture © Flickr / Local Food Initiative

Par où commencer ?

Les différentes zones d’action en permaculture © Wikimedia / Felix Muller

La permaculture n’est pas normative et les méthodes qui doivent être appliquées à chaque jardin ou balcon sont toutes différentes. La première étape est donc l’observation. Une fois que vous aurez choisi où vous voulez faire pousser votre jardin permaculture, procédez à une analyse attentive de cet endroit : ayez une idée précise de l’espace à votre disposition, de la végétation et des sources d’eau déjà présentes, des structures et constructions non naturelles qui y sont déjà placées, et dans la mesure du possible, de la qualité de la terre.

Une fois que vous vous serez familiarisé avec le lieu d’implantation de votre jardin en permaculture, vous pouvez commencer à planifier le jardin. Les conceptions de jardin en permaculture incluent la prise en compte des sources d’eau et de leur utilisation, des éléments terrestres existants comme l’altitude et l’ombre, des plantes vivaces et des plantes annuelles, des espaces de jeu et de cueillette, et de la croissance du jardin au fil du temps. Lors de la planification d’un jardin en permaculture, il est aussi important de ne pas considérer uniquement l’espace au sol, mais également les zones verticales.

Un jardin en permaculture © Wikipedia / Terence Groos

L’application pratique de vos plans

La première tâche consiste à établir de bons systèmes de compostage dès que possible. Si vous avez de la place, vous pouvez fabriquer vos propres composteurs à partir de palettes recyclées et ajouter un mélange de déchets de cuisine non cuits, de boutures d’herbe et des matériaux tels que du papier déchiqueté. Vous pouvez aussi fabriquer un composteur spécialement conçu pour les feuilles. Si vous avez des ressources locales limitées en la matière, vous pouvez vous approvisionner chez des composteurs locaux.

Une plantation en permaculture verticale

Si vous partez de zéro, il serait judicieux de choisir une zone près de la maison pour les lits de légumes et la zone de compostage. Nous avons tous tendance à vivre des vies bien occupées. Par conséquent, faire pousser des aliments près de la porte de la cuisine permet de sortir plus facilement, d’arracher quelques mauvaises herbes, de semer des graines et de composter des déchets. Il faut ainsi s’assurer que les lits sont suffisamment larges pour atteindre le milieu du jardin.


LA PERMACULTURE NE S’APPLIQUE PAS UNIQUEMENT AU JARDINAGE, MAIS ÉGALEMENT A D’AUTRES DOMAINES, COMME C’EST LE CAS DE LA PERMACULTURE SOCIALE.

Un jardin en permaculture au Cuba © Wikimedia / Susanne Bollinger

Le prochain point à prendre en considération, ce sont les systèmes d’eau. L’eau peut faire ou défaire un jardin, et les jardins en permaculture considèrent l’eau comme une ressource à entretenir et à drainer avec soin. Il faut ainsi déterminer et mettre en place des systèmes d’eau efficaces et équilibrés pour l’ensemble du jardin. Là où l’espace contient un excès d’eau, il faut creuser un fossé très légèrement en pente, souvent bordé de gravier, ou un étang pour contenir l’eau. Si vous en manquez, il faut trouver un système pour collecter l’eau de pluie sur les toits, en utilisant par exemple des citernes. Cette eau pourra notamment être utilisée pour l’arrosage et le lavage non potable.

Une fois les lits, le système d’arrosage et le système de compostage terminés, il faut enfin sélectionner et planter les plantes qu’il faut cultiver. C’est la partie la plus amusante de la conception d’un jardin en permaculture, et c’est souvent l’occasion de réunir votre famille et vos amis. En ce qui concerne les choix des semences, il faut favoriser les semences biologiques. Un aspect clé de la conception des jardins en permaculture consiste également à cultiver une gamme variée d’aliments avec des relations mutuellement bénéfiques. Veillez donc à réfléchir à la complémentarité de vos plantes.

Un jardin en permaculture avec lit surélevé © Wikimedia / Srl

Quelques points à ne pas oublier pour réussir un jardin en permaculture

N’oubliez pas qu’un jardin en permaculture ne prend pas uniquement en compte les plantes. Nous partageons cette planète avec des millions d’autres créatures, mais nous les éliminons rapidement lorsqu’ils osent gêner nos cultures. En permaculture, il faut laisser la nature agir librement, et ainsi d’essayer d’intégrer la faune à votre jardin. Par exemple, si vous jardinez sur un balcon ou dans des jardinières, plantez des fleurs sauvages pour attirer les insectes pollinisateurs, et éventuellement des alliés naturels qui se débarrasseront des insectes nuisibles.

Bien évidemment, il n’est pas question d’utiliser des pesticides, des herbicides ou des engrais synthétiques dans votre jardin en permaculture ; c’est tout à fait inutile et cause juste des problèmes de santé, autant pour la planète que pour les êtres vivants. En permaculture, la règle est simple, travaillez avec la nature et profitez de ses richesses.

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