Comme vous le savez, la technologie ouvre sans cesse la voie à de nouveaux remèdes pour les personnes jusqu’alors en marge des soins. Les femmes et les hommes victimes de perte d’un ou de plusieurs membres pourront dans le futur bénéficier de membres artificiels et ainsi palier leur handicap d’une manière qui donnera accès à des sensations les plus naturelles possible. Dans ce sens, les chercheurs travaillent actuellement sur une jambe robotique, capable de se corriger toute seule pour apprendre, une avancée phénoménale. Explications.

Une véritable révolution pour les prothèses ?

Ce sont les chercheurs de l’Université de Caroline du Sud (USC) qui sont responsables de cette stupéfiante avancée. Ils ont ainsi construit un robot possédant la faculté d’apprendre à marcher par lui-même. Il trouve ses inspirations et son origine dans le règne animal, qui a l’incroyable caractéristique de permettre un apprentissage de la mobilité allant de quelques secondes pour certaines espèces à quelques jours ! Jusqu’alors, les robots mettaient plusieurs mois ou années pour parvenir à interagir avec le monde. S’inspirer de la nature est une bonne façon de progresser suivant un modèle qui fait ses preuves depuis des millions d’années.

Valero-Cuevas et ses collègues ont donc depuis développé cette jambe robotisée qui est actionnée par des tendons artificiels, et reprenant le modèle des animaux. Elle est contrôlée par des algorithmes d’intelligence artificielles très efficaces et poussés qui permettent une démarche semblable à celle d’un humain. Elle permet d’apprendre une nouvelle fonction de marche de manière autonome après seulement 5 minutes de “jeu non structuré” et ensuite s’adapter à de nouvelles tâches.

L’apprentissage interne est-il une grande avancée ?

C’est toute la particularité de cette expérience fascinante. Le robot est capable d’apprendre par lui-même en analysant sa structure et son environnement, afin d’y apporter des retouches et d’apprendre à créer une démarche personnalité, après seulement cinq minutes ! Il peut alors commencer à marcher et organiser ses prochains déplacements, même s’il n’a pas été programmé pour le faire.

« Ces mouvements aléatoires de la jambe permettent au robot de créer une carte interne de son membre et de ses interactions avec l’environnement« , a déclaré Ali Marjaninejad, étudiant au doctorat en ingénierie à l’USC, auteur de l’étude.

Il y a peu, le Daily Geek Show vous présentait un robot capable de s’imaginer lui-même. Si certains sceptiques y verront une autonomisation de plus en plus importante des robots, maintenant capables de se débrouiller pour marcher seuls, on ne peut que saluer l’expérimentation si elle entraine des nouvelles possibilités pour les personnes souffrant d’une amputation. Dans tous les cas, les chercheurs estiment que c’est le premier robot de l’histoire à être capable de réaliser un tel exploit, et ils sont optimistes par les possibilités offertes par cette avancée.

Quelle utilisation dans le futur ?

La réelle difficulté était que jusqu’alors, les robots étaient capables d’êtres programmés pour effectuer certaines tâches dans certains scénarios. En revanche, impossible de les préparer à l’aléatoire, à la réaction face à toutes les possibilités qui peuvent apparaitre. Nous avons aujourd’hui le premier exemple d’une prouesse technologique.

Les prothèses réactives sont un domaine dans lequel ce type de technologie pourrait avoir un impact historique. Les personnes handicapées sont évidemment la première catégorie vers laquelle cette science pourrait se tourner afin de leur venir en aide. Plus intuitifs et naturels (en s’améliorant progressivement), cette nouvelle solution prend progressivement l’apparence d’une véritable révolution.

COMMENTEZ

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de