― Anton Mislawsky / Shutterstock.com

Une étude, menée par l’universitaire Avner Ben-Amos, révèle qu’au cours de leur scolarité, les Israéliens ne sont que très peu confrontés à la question palestinienne. En effet, les manuels scolaires ne mentionnent que très peu l’occupation de la Cisjordanie, et quand ils le font, ils semblent la justifier. Explications.

Selon une étude réalisée par Avner Ben-Amos, professeur d’histoire de l’éducation à l’université de Tel-Aviv, reprise par le quotidien Ha’Aretz, les manuels scolaires israéliens sont muets sur la question de l’occupation du pays en Cisjordanie. Il prend l’exemple d’un manuel destiné à des enfants d’une dizaine d’années. Dedans, une fillette fictive de 9 ans raconte son quotidien en Cisjordanie. « Neveh Daniel est une communauté rurale située dans la région de Judée-Samarie et appartient au Conseil régional de Gush Etzion », explique-t-elle. « Déjà à l’époque biblique, les juifs vivaient dans cette région et la Bible raconte divers événements qui s’y sont déroulés. Par exemple, c’est là que les patriarches et les matriarches ont été enterrés, et c’est ici que les histoires du roi David et du livre de Ruth ont eu lieu. »

Or, le livre ne mentionne pas le fait que les Palestiniens n’ont pas les mêmes droits que la petite fille. Une seule phrase le mentionne : « Les 1,7 million à 2,9 millions de Palestiniens qui vivent dans la région de Judée et Samarie ne sont pas des citoyens israéliens. » M. Ben-Amos considère donc qu’il s’agit d’une forme de « déni interprétatif » conscient. Or, cela n’a pas toujours été ainsi. En effet, le premier livre d’éducation civique mentionnait en détail l’occupation israélienne en Cisjordanie. Il a ensuite été réécrit, pour ne plus mentionner le fait que les Palestiniens disposent de droits limités. De même, certains manuels s’arrêtent à 1970, dans « un désir d’éviter de traiter d’un passé plus récent qui pourrait être controversé ».

L’étude suggère également que la façon de mentionner l’occupation va dans le sens d’une justification. Ainsi, rien ou pratiquement ne mentionne la vie palestinienne avant l’occupation, les abus, la ségrégation… Les Israéliens grandissent en ayant une idée fausse de ce qui se passe en leur nom. Comme l’expliquait l’auteur Rami Livni, « la raison pour laquelle les Israéliens acceptent l’annexion n’est pas parce qu’ils y croient, mais à cause d’un manque de connaissances ». Il y a toutefois peu de chances que cela change, étant donné la volonté du gouvernement actuel de coloniser plus de terres cisjordaniennes.

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Comme la bible sous Maimonide mais on vous dira que le texte à été déposé en plusieurs lieux à une date donnée ce qui balaie toute modifications possibles ultérieures et pourtant la transmission était orale et traditionnelle.
Tout ce qui n’évolue pas meurt,la bible a évoluée,sinon elle serait obsolète.