L’esclavage est un système juridique et social qui décrète le droit de propriété d’un individu. L’individu en question n’est plus libre car il est devenu la propriété de quelqu’un que l’on appelle maître. L’origine de l’esclavage remonte à l’époque néolithique. Par la suite, c’est l’Égypte antique et la Perse qui ont débuté le commerce d’esclaves qui allaient travailler gratuitement pour eux. Plus tard, cela s’est propagé dans le monde. En plus de piller les richesses des pays pauvres, les pays esclavagistes allaient jusqu’à prendre les enfants de force pour les vendre comme esclaves, séparés loin de leur famille.

C’est au Pakistan que l’esclavage moderne se poursuit. Cela prend la forme d’un travail forcé et ce sont les agriculteurs qui sont les plus touchés. De plus, c’est le travail des enfants qui est le plus réputé comme une forme d’esclavagisme au Pakistan. Pourtant, l’Organisation internationale du travail (OIT) interdit le travail des mineurs de moins de 15 ans. Mais la situation familiale oblige les enfants à travailler et à être à la merci des employeurs qui, parfois, les maltraitent.

Quand les parents vendent leurs enfants pour s’acquitter de leurs dettes

En effet, des parents endettés vendent leurs enfants pour une misérable somme d’argent afin de rembourser des dettes. Cependant, les employeurs prennent sur leur salaire les frais de nourriture, de logement et même des amendes pour d’éventuelles fautes causées alors que l’enfant vit dans des conditions misérables. Iqbal Masih faisait partie de ces enfants vendus comme esclaves. Plus tard, il a dénoncé cette pratique barbare et inhumaine avant de rendre l’âme.

Sa biographie

Iqbal Masih était issu d’une famille très pauvre. Il est né le 4 avril 1983, à Muridke, dans un petit village proche de Lahore, qui se situe au Pakistan. Sa famille avait emprunté de l’argent chez un usurier avec un taux d’intérêt très élevé afin de payer les médicaments de sa mère qui était gravement malade mais aussi pour subvenir aux besoins de sa famille. Les dettes se sont accumulées et la petite famille n’avait plus de quoi payer. De ce fait, par nécessité, ils ont vendu Iqbal pour une somme de 12 dollars américains afin de rembourser toutes les dettes.

— © Aneladgames / Wikimedia Commons

Son parcours en tant qu’esclave

Après avoir été vendu par sa famille, il a travaillé dans une fabrique de briques. Ce fut son premier travail. De suite, on l’a expédié dans un atelier de tisserand où il travaillait douze heures par jour. Il était enchaîné du matin au soir. La fatigue et la malnutrition l’ont vite marqué car à l’âge de douze ans, il était méconnaissable.

Mais c’était un garçon persévérant. Sa taille chétive ne l’a pas empêché d’apprendre à écrire et à lire. Les autres esclaves l’ont aidé, surtout celle qui se prénommait Maria. Un beau jour, ses camarades et lui ont décidé de sortir en cachette de l’usine afin de dénoncer leur situation, alors qu’il n’avait que 9 ans.

Lors de leur fuite, Iqbal a rencontré un avocat qui était le président d’une association qui protège les enfants, le Front de libération contre le travail forcé des enfants (BLLF). Grâce à cette rencontre, il est devenu l’une des figures emblématiques de la lutte contre l’esclavage moderne des enfants.

Sa lutte contre l’esclavage

« N’achetez pas le sang des enfants » fut le cri de guerre d’Iqbal. Vers 10 ans, il est devenu le porte-parole du BLLF. Ensuite, il a entrepris des voyages en Europe et aux États-Unis afin de se faire entendre et lutter contre le travail des enfants tout en témoignant de sa propre histoire. Cela a été un véritable succès car de nombreuses usines de fabrique de tapis ont dû fermer sous la pression du gouvernement pakistanais ainsi que les manifestations du peuple. Grâce à cela, 3 000 enfants furent libérés de l’esclavage.

En 1994, Iqbal a remporté le prix Reebok des droits de l’homme, pour son parcours et son histoire qui ont touché énormément de gens. Il a donc reçu une somme d’argent de la fondation lui permettant de continuer ses études.

La mort d’Iqbal Masih

Malheureusement, il ne terminera pas ses études car lors d’une promenade à vélo avec ses amis, il fut assassiné dans son village à l’âge de 12 ans le 16 avril 1995.

Le monde soupçonne la mafia du tapis pakistanaise qui aurait voulu faire taire le porte-parole des esclaves qui, autrefois, avait fait couler leur business.

Plaque commémorative — © Schumi4ever / Wikimedia Commons

Un symbole dans la lutte contre l’esclavage

Depuis, Iqbal est devenu l’une des figures emblématiques de la lutte contre l’exploitation des enfants. En 2000, il a reçu à titre posthume le titre de World’s Children’s Prize for the Rights of the Child.

Un collectif a aussi été fondé pour faire connaître les droits de l’enfant dans le monde. En 2009, le Congrès des États-Unis a même créé un prix en son hommage.

Un hommage à Iqbal Masih

Son histoire a inspiré beaucoup de gens et, parmi eux, un jeune Canadien Craig Kielburger qui a fondé un organisme afin de continuer la lutte d’Iqbal. Un autre, Tahar ben Jelloun, un jeune instituteur africain, lui a rendu hommage en contant son héroïsme. Des producteurs ont également adapté son histoire en films. Egalement, dans la ville de Saint-Denis, un collège portant le nom d’Iqbal Masih a été construit.

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