À New Delhi, l’usage du plastique jetable est désormais interdit

L’humanité produit 78 millions de tonnes d’emballages plastiques dont 32 % finissent par échouer dans les mers et océans. Le plastique constitue aujourd’hui l’un des polluants les plus importants de la planète. Du fait des taux de pollution records en Inde, le National Green Tribunal a décidé d’interdir l’usage du plastique jetable à New Delhi.


Des taux records de pollution en Inde

D’après une étude publiée par Science, le taux de plastique déversé dans les océans est très élevé en Inde, qui arrive en 12e position sur les 192 pays analysés en 2010. D’après le gouvernement indien, sur 15 000 tonnes de plastique générées tous les jours, 6 000 ne sont pas collectées.

L’Asie bat des records en matière de pollution au plastique, elle est ainsi responsable de 60 % des 8,8 millions de tonnes de plastique qui atterrissent dans les océans. Si elle continue sur cette voie, elle croulera sous les déchets plastiques (80 % de la production totale de plastique) d’ici à 2025.

En plus de la pollution des mers par le plastique, l’air est devenu irrespirable à New Delhi. Trois sites de traitements des déchets (Okhla, Gazipur et Bhalswa) destinés à convertir ces derniers en énergie, utilisent des procédés de combustion de masse du plastique dégageant des taux importants de pollution atmosphérique. D’après l’OMS, les particules fines libérées dans l’air déclenchent des infections respiratoires et causent des décès prématurés, surtout chez les enfants.

 

Une conversion sur le long terme

Voilà quelques années que l’Inde s’investit dans la lutte contre la pollution des déchets plastiques. Après que Vasco ait instauré un plan zéro déchet en 2003, New Delhi a interdit la fabrication des sacs en plastique en 2010. La société indienne Bakey’s a même créé des couverts comestibles pour limiter les déchets après les repas.

 

Interdire l’usage du plastique jetable

En décembre 2016, le National Green Tribunal a décidé d’interdire l’usage du plastique jetable à New Delhi, l’interdiction est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Les habitants de la capitale indienne ne pourront désormais plus utiliser ni sacs, ni couverts, ni verres en plastique. Personne ne sera dispensé de cette interdiction, les sites de traitement de déchets devront payer l’équivalent d’une amende d’environ 6 800 euros en cas de pollution et les commerçants qui jettent des ordures dans la rue devront s’acquitter d’une amende de presque 140 euros.

Cette mesure destinée à limiter la multiplication des déchets plastiques dans la nature constitue une avancée significative pour protéger l’Inde de la pollution. Compte tenu de la surpopulation du pays, nul doute qu’une telle mesure pourra être très efficace si elle est bien appliquée.

 

Trouver des alternatives

Malgré ses bienfaits, cette mesure pourrait fortement affecter les marchands de fruits et légumes qui ne pourront plus proposer de moyens satisfaisant à leurs clients pour qu’ils puissent emporter leurs achats chez eux. L’Inde utilise environ 10 millions de sacs plastiques par jour. Étant donné sa grande consommation de plastique jetable, le pays doit réfléchir à des façons de remplacer les sacs et autres objets en plastique.

Les sacs en papier, s’ils contribuent à la déforestation pourraient servir de substitut, la démocratisation des sacs en tissu, peu présents en Inde, semble aussi constituer une solution potentielle.

Par ailleurs, si l’interdiction sera effective auprès des entreprises et commerçants, la question se pose toujours de savoir comment l’imposer de manière efficace aux touristes…


Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence

— Léon Blum