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Une expérience malheureuse impliquant du thé à base de champignons hallucinogènes a laissé un homme au seuil de la mort. Suite à l’injection de la préparation par voie intraveineuse, le sujet a développé une grave infection fongique et bactérienne.

Une « automédication » douteuse

L’homme âgé de trente ans avait été amené aux urgences par sa famille, alarmée par son état. Ayant des antécédents de trouble bipolaire et de dépendance aux opioïdes, celui-ci avait cessé de prendre les médicaments qui lui avaient été prescrits. Selon ses proches, alors qu’il essayait de soigner lui-même sa dépression et sa dépendance, il était tombé sur des recherches montrant que les drogues psychédéliques comme les champignons hallucinogènes et le LSD pouvaient s’avérer efficaces dans ce but.

Quelques jours avant sa visite aux urgences, il avait décidé de faire bouillir ce type de champignons, puis avait filtré l’infusion avec du coton avant de se l’injecter par voie intraveineuse. Ce qui s’était traduit peu de temps après par l’apparition de symptômes incluant léthargie, confusion, jaunisse, diarrhée, nausées, et vomissements de sang (hématémèse).

Lors de son admission en soins intensifs, plusieurs de ses organes (poumons, reins…) avaient commencé à défaillir, et des analyses complémentaires ont révélé qu’il souffrait d’une grave infection bactérienne et fongique, caractérisée par la présence dans son sang de cultures de champignons de la même espèce que ceux utilisés pour sa préparation.

Après 22 jours passés à l’hôpital, dont huit en soins intensifs, et différents traitements impliquant antibiotiques et médicaments antifongiques, l’homme s’en est finalement tiré. Ses médecins précisant toutefois qu’il était toujours sous traitement antimicrobien longue durée au moment où son rapport médical, détaillé dans la revue Journal of the Academy of Consultation-Liaison Psychiatry, finissait d’être rédigé.

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Deux cas similaires documentés en 1985

Selon Curtis McKnight, psychiatre au St. Joseph’s Hospital and Medical Center (Arizona) et co-auteur du document, il ne s’agit pas du premier cas connu d’injection de champignons dans le corps d’une personne. Au cours de leurs recherches, ses collègues et lui ont mis au jour un rapport de 1985 faisant état de deux cas similaires. Il s’est avéré que le premier concernait également un homme de trente ans ayant présenté des symptômes similaires, mais s’étant rapidement remis après avoir reçu des soins médicaux.

Bien que les auteurs du rapport notent que les champignons hallucinogènes, pris de façon encadrée, font partie des approches émergentes pour traiter la dépression et les troubles liés à la dépendance, ils rappellent que la consommation et l’utilisation de psychédéliques comme alternative ou en complément de traitements hors du cadre médical n’est pas sans risques.

« Les champignons peuvent provoquer des effets secondaires incluant nausées et anxiété accrue, même si à ce jour, il ne semble pas qu’ils induisent un risque élevé de graves dommages à long terme, en supposant que vous ne vous les injectiez pas », souligne McKnight. « Le cas rapporté souligne la nécessité d’une sensibilisation permanente aux dangers liés à la consommation de ce type de substances. »

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