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Le Centre international d’études pénitentiaires estime que les Etats-Unis est le pays abritant le plus grand nombre de prisonniers. 23 % des détenus au monde sont enfermés derrière les barreaux américains. Cette surcharge des prisons amène les autorités à réfléchir à des solutions alternatives. Le placement sous surveillance électronique peut être une solution, mais elle sera financée par les délinquants eux-mêmes…

Le bracelet électronique pour désencombrer les prisons ?

Le site Quartz estime qu’en 2015, plus de 125 000 dispositifs électroniques étaient en circulation. Le succès du bracelet électronique est avéré. Pour rappel, le bracelet électronique peut intervenir dans plusieurs procédures judiciaires : surveiller les déplacements de quelqu’un placé en liberté conditionnelle, surveiller une personne assignée à résidence… Et dans ce second cas de figure, cela permet d’emprisonner une personne coupable de délit ou de crime sans qu’elle aille en prison.

C’est donc un dispositif utile lorsqu’on cherche à désengorger une prison. C’est précisément la raison pour laquelle plusieurs États américains songent à recourir au bracelet électronique de plus en plus souvent. Cela permet à chaque prison de faire des économies (en ayant un détenu en moins) puisque ce sont les personnes concernées qui en payent le prix : un article du New York Times cite le cas de Daehaun White, qui doit payer 10$ par jour une compagnie privée pour le bracelet électronique qu’il porte à sa cheville. Un coût considérable.

Les inégalités entre détenus se creusent

Dans l’État du Missouri, la société Emass (Eastern Missouri Alternative Sentencing Services) est une pionnière dans la vente de dispositifs électroniques. Le paiement étant assuré par les prisonniers, les prisons locales n’ont pas besoin de débourser le moindre centime.

Pour le moment, le bracelet électronique reste une alternative : vous serez placé en prison si vous n’avez pas les moyens de le payer. Mais cela reste une option que seuls les détenus les plus aisés peuvent se permettre. Dans le cas où un détenu commence à payer son bracelet mais devient à court de moyen, il doit retourner en prison et payer des intérêts à l’entreprise.

C’est finalement toute la procédure judiciaire américaine qui dévoile des inégalités frappantes. Par exemple, un suspect pauvre aura bien plus de mal à trouver un avocat de renom pour le soutenir. S’il est condamné, et ne peut pas payer ce bracelet électronique, la situation se tend. Il devra purger sa peine dans une prison déjà bien pleine. Les conditions des prisons sont en outre déplorables : un mouvement collectif de détenus américains avait pris la parole pour les dénoncer. En somme, si vous êtes accusé de quoi que ce soit aux Etats-Unis, mieux vaut avoir le portefeuille bien fourni.


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