Alors qu’on les pensait éteints, une dent prouve que les indigènes Taínos existent encore

L’esclavage, les massacres et les maladies ont décimé les indigènes Taínos à tel point qu’ils étaient considérés comme « éteints ». Pourtant, grâce à une dent millénaire, une étude vient de prouver génétiquement que cette population a encore des descendants dans les Caraïbes.

Première preuve génétique de l’existence des Taínos aujourd’hui

Cette étude a été menée par une équipe internationale. À la tête de ce projet, se trouvent le Dr Hannes Schroeder et le professeur Eske Willerslev. Les chercheurs ont ainsi analysé la dent d’une femme vivant au moins 500 ans avant l’arrivée de Christophe Colomb aux Bahamas et retrouvée sur l’île d’Eleuthera.

Après les analyses, les résultats publiées dans Proceedings of the National Academy of Sciences ont dévoilé pour la première fois grâce à la génétique, qu’il existe une continuité entre les peuples autochtones des Caraïbes et les communautés contemporaines vivant dans ces régions de nos jours.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé l’ancien génome à des données génomiques de populations actuelles de 104 Portoricains. Pour le Dr Schroeder : “C’est une découverte fascinante. Beaucoup de livres d’histoire vous diront que la population indigène des Caraïbes a été presque anéantie, mais les gens qui s’identifient comme Taíno ont toujours plaidé pour la continuité. Maintenant nous savons qu’ils avaient raison depuis le début : il y a eu une certaine forme de continuité génétique dans les Caraïbes.”

Une preuve génétique pour contrer les récits d’historiens

Les résultats sont importants pour les personnes qui vivent actuellement dans les Caraïbes. Ces derniers revendiquent depuis toujours le patrimoine indigène des Taínos. Les récits d’historiens, d’archéologues, ou même de certaines communautés déclaraient ces populations “éteintes”.

Jose Estevez, descendant des Taínos, travaillant au Musée national des Indiens d’Amérique à New York, a aide l’équipe de chercheurs. Pour lui, cette étude est la preuve qu’il n’y a pas eu d’ “extinction totale” : “pour nous, les descendants, c’est vraiment libérateur et exaltant”. Cette étude révèle aussi que les origines génétiques des populations des Caraïbes sont étroitement liées à des populations parlant la langue Arawakan, vivant dans certaines parties du nord de l’Amérique du Sud aujourd’hui.

De plus, “les preuves archéologiques ont toujours suggéré qu’un grand nombre de personnes originaires des Caraïbes étaient originaires d’Amérique du Sud et entretenaient des réseaux sociaux bien au-delà de l’échelle locale. Il a été difficile de sauvegarder cela avec de l’ADN ancien en raison d’une mauvaise conservation, mais cette étude démontre qu’il est possible d’obtenir des génomes anciens des Caraïbes et cela ouvre de nouvelles possibilités de recherches fascinantes”, explique la professeure Corinne Hofman de l‘université de Leiden.


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