Triste nouvelle pour le Brésil : le 1er novembre dernier, un jeune activiste brésilien a été cruellement assassiné alors qu’il protégeait la forêt ancestrale de la réserve amazonienne de l’État de Maranhao, située au nord du pays. Membre du groupe des « gardiens de la forêt », il se battait pour les mouvements illégaux de déforestation.

Paulo Paulino Guajajara : un gardien de la forêt

Paulo Paulino Guajajara, aussi appelé Kwahu Tenetehar, est un jeune militant indigène défenseur de la forêt amazonienne de 26 ans. Il a été tué ce vendredi 1er novembre alors qu’il se trouvait dans la réserve forestière indienne de l’État de Maranhao, Arariboia, selon le site brésilien d’investigation Agência Pûblica. Il était en compagnie d’un ami.

Tous deux ont été pris au piège dans une embuscade tendue par des trafiquants de bois. Selon l’ONG Survival International, Paulo Paulino Guajajara a été touché au cou par un coup de feu, alors que son ami, Laércio, aussi appelé Tainaky Tenetehar, a été blessé au dos lors de l’attaque et a pu s’enfuir. Les deux amis « s’étaient éloignés du village pour aller chercher de l’eau quand ils ont été encerclés par au moins cinq hommes armés », a expliqué le secrétariat aux droits de l’homme du gouvernement du Maranhao dans un tweet.

— Tarcisio Schnaider / Shutterstock.com

Paulino et Laércio étaient membres d’un groupe de 180 autochtones appelés « gardiens de la forêt » et formés par les Guajajara, tribu d’environ 14 000 personnes. Ils tentent de défendre les territoires indigènes menacés par les exploitations illégales de bois et de surfaces agricoles. De plus, ils répertorient les coordonnées GPS de toutes les zones où des arbres sont abattus et aident les pompiers lors de feux de forêts.

L’inaction des gouvernements dénoncée par les ONG

De telles violences envers les indigènes protecteurs des forêts amazoniennes ont poussé le gouvernement de l’État à annoncer la création d’un nouveau corps de police afin de les protéger davantage. Celui-ci sera composé de membres de la police militaire et civile et de pompiers. « Nous ferons tout pour déférer devant la justice les responsables de ce grave crime », a d’ailleurs expliqué Sergio Moro dans un tweet. Il a également précisé qu’une police est actuellement en train d’enquêter sur cet assassinat.

Malgré cela, diverses ONG dénoncent l’inaction des gouvernements face à une telle situation. Elles ont appelé les autorités brésiliennes à protéger les terres indigènes, alors que Jair Bolsonaro, président brésilien d’extrême droite, souhaite exploiter les ressources de ces zones. « Ces conflits remontent à des décennies, mais ils se sont aggravés avec le démantèlement des organismes fédéraux et l’abandon des politiques de protection des peuples indigènes. Le discours belligérant et de haine qu’instille le gouvernement de Jair Bolsonaro est un véritable sauf-conduit pour les groupes criminels pour pénétrer sur les terres indigènes », rapporte Francisco Gonçalves, un militant local des droits de l’homme interrogé par Agência Pûblica.

Par ailleurs, Greenpeace considère que « Paulino et Laércio sont les dernières victimes d’un État qui se refuse à respecter ce que stipule la Constitution ». « Le gouvernement brésilien doit accepter que protéger ces terres relève de sa responsabilité. Le fait qu’il ne le fasse pas, son absence là-bas, est la raison qui pousse les gardiens à assumer cette défense, un travail très dur et dangereux. Cela fait des années que les gardiens sont la cible de violences et de menaces de mort », a également rapporté Sarah Shenker, enquêtrice de Survival International.

« Il est temps d’arrêter ce génocide institutionnalisé »

« Il est temps d’arrêter ce génocide institutionnalisé. Cessez d’autoriser de verser le sang de notre peuple », a expliqué Sonio Guajajara, coordinatrice de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB), dans un tweet.

Les « gardiens de la forêt » ont été constitués en 2016 en raison de l’inaction des gouvernements contre la déforestation. Ce groupe de 180 autochtones souhaite protéger la réserve, territoire indigène qui se développe sur 413 000 hectares depuis les années 1990. Les 6 000 personnes qui y vivent sont totalement isolées.

En juin 2019, Survival International avait rapporté que les membres du groupe se sentent menacés en permanence. En 2018, 20 indigènes avaient trouvé la mort. « Il y a beaucoup d’impunité, les autorités n’ont pas la volonté de protéger les terres indigènes », affirme Sarah Shenker. L’Association des peuples indigènes du Brésil a également rapporté des chiffres du Congrès missionnaire indien, rattaché à l’Église catholique : 160 intrusions de trafiquants de bois ont été recensées entre janvier et septembre 2019, autrement dit une hausse de 44 % par rapport à 2018.

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athena

Juste un mot comme ça, en passant… Un chef d’état qui met en danger une ou plusieurs populations du pays qu’il est sensé diriger, qui autorise, commandite, la destruction des sites naturels (forêts,ici – océans, là) ne se rend-il pas coupable de délits extrêmement graves ?