© EPFL / Youtube

Mise au point par des chercheurs suisses, cette technique d’impression 3D très prometteuse pourrait notamment être utilisée pour produire des objets mous complexes (tissus, organes, appareils auditifs…) en un temps record.

« Tout est question de lumière »

Lorsque vous pensez impression 3D, vous imaginez probablement une structure créée couche par couche. Aujourd’hui, des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne annoncent avoir développé une toute nouvelle façon de créer de petits objets en 3D « en un temps record » et avec « une précision et une définition sans précédent ». Présentée dans la revue Nature Communications, cette méthode s’appuie sur le principe de la tomographie, technique utilisée dans le domaine de l’imagerie médicale permettant d’afficher une coupe transversale d’un objet solide à l’aide de rayons X ou d’ultrasons.

Au cours du processus d’impression, une résine photosensible, placée dans un petit récipient en rotation, est éclairée sous de multiples angles par des faisceaux lasers, qui vont contribuer à la solidifier en une seule fois, plutôt que segment par segment. « Tout est question de lumière », explique Paul Delrot, directeur technique de Readily3D, start-up créée pour développer et commercialiser le concept. « Le laser durcit le liquide par un processus de polymérisation et, en fonction de ce que nous imprimons, nous utilisons des algorithmes pour calculer exactement où nous devons diriger les faisceaux, sous quels angles et à quelle intensité », ajoute-t-il.

De nombreuses applications envisageables

Les objets mous fabriqués avec les techniques conventionnelles d’impression 3D ont tendance à se désagréger rapidement, mais les scientifiques suisses estiment que cette nouvelle approche, qui a l’avantage de pouvoir être réalisée à l’intérieur de récipients stériles et scellés, pourrait trouver de nombreuses applications dans le domaine médical et notamment permettre de fabriquer des « tissus, organes, prothèses auditives et protège-dents ». Ces derniers ont notamment indiqué avoir travaillé avec un chirurgien afin d’imprimer un ensemble d’artères, et obtenu des résultats « extrêmement encourageants ».

À l’heure actuelle, le dispositif mis au point par les chercheurs est capable d’imprimer des structures d’environ deux centimètres avec une précision de 80 micromètres, soit à peu près le diamètre d’une mèche de cheveux, en à peine 30 secondes. Cependant, l’équipe estime que cette dimension pourrait être portée à 15 centimètres dans un futur proche.

« Le procédé pourrait également être utilisé pour créer rapidement de petites pièces en silicone ou en acrylique, n’ayant pas besoin de finition après impression », ajoute Christophe Moser, responsable du Laboratoire des dispositifs photoniques appliqués de l’École polytechnique fédérale de Lausanne.

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