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Des chercheurs ont démontré l’efficacité d’implants électriques destinés à combattre l’arthrite lors d’essais précliniques. Ces derniers délivrent un minuscule courant électrique afin de stimuler la repousse du cartilage.

Une membrane biodégradable générant de l’électricité

L’arthrite est une cause fréquente de douleur au genou chez les personnes âgées. Elle implique l’usure et la détérioration du cartilage, une couche caoutchouteuse qui recouvre les extrémités des os et qui empêche normalement leur frottement.

Si des traitements impliquant des cellules souches sont en cours de développement, certaines recherches suggèrent qu’un léger courant électrique peut encourager les cellules du cartilage du genou à se multiplier et à réparer les lésions.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science Translational Medicine, Thanh Nguyen et ses collègues de l’université du Connecticut ont conçu une membrane biodégradable d’environ un demi-millimètre d’épaisseur, générant de l’électricité lorsqu’elle est comprimée et étirée. Le matériau présente une structure semblable à un échafaudage pour encourager les cellules à migrer à l’intérieur.

L’équipe a testé l’idée en pratiquant des trous dans le cartilage du genou de lapins et en les colmatant avec le matériau. Après un mois de repos, les chercheurs ont encouragé les animaux à sautiller pendant 20 minutes par jour en les plaçant sur des tapis roulants en mouvement lent, afin de solliciter leurs membres inférieurs et de générer un courant électrique.

Des résultats spectaculaires

Deux mois plus tard, des échantillons de tissus articulaires ont été prélevés et étudiés. L’équipe a constaté que les cellules cartilagineuses s’étaient déplacées au niveau des membranes implantées, améliorant significativement la régénération du cartilage.

Chez les lapins ayant bénéficié des implants électriques, la réduction des lésions cartilagineuses s’est avérée entre 3 et 4 fois plus importante que chez les spécimens ayant reçu de simples injections d’un matériau similaire, ne générant toutefois pas d’électricité.

Selon l’équipe, le matériau utilisé pour ces essais précliniques se dissoudrait au bout de deux mois environ s’il était utilisé chez l’Homme, mais sa formule pourrait être facilement ajustée afin d’augmenter significativement sa durée de vie.

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