Le VIH possède plusieurs sous-types différents, et comme les autres virus, peut changer et muter avec le temps. Pour la première fois en 19 ans, des chercheurs ont identifié une nouvelle souche du virus. Une découverte importante qui va leur permettre d’affiner leurs méthodes de diagnostic.

Une souche rare

À l’heure actuelle, les laboratoires Abbott testent plus de 60 % de l’approvisionnement en sang à l’échelle mondiale. Ces chercheurs ont pour mission d’identifier de nouvelles souches de VIH et de suivre l’évolution des souches connues pour « pouvoir les détecter avec précision, peu importe où elles se trouvent dans le monde ». Si « les traitements actuels se révèlent efficaces » contre la nouvelle souche récemment identifiée, « sa découverte va permettre une cartographie plus complète de l’évolution du VIH », selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses.

Pour qu’un nouveau sous-type du VIH soit officiellement confirmé, au moins trois cas doivent être détectés indépendamment. Les deux premiers avaient été enregistrés au Congo en 1983 et 1990. D’après Mary Rodgers, coauteure du rapport paru dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, ces deux souches « ne correspondaient à aucune autre ». Il avait fallu attendre 2001 pour qu’un troisième échantillon similaire soit prélevé, mais les chercheurs ne disposaient pas des moyens technologiques nécessaires à l’époque pour s’assurer qu’il s’agissait effectivement de la même souche.

— RAJ CREATIONZS / Shutterstock.com

« Mieux penser ce virus en constante évolution »

En collaboration avec l’université du Missouri, les chercheurs des laboratoires Abbott ont développé de nouvelles techniques permettant d’étudier et de cartographier intégralement l’échantillon prélevé en 2001, ce qui leur a permis d’établir qu’il s’agissait bel et bien d’une nouvelle souche du VIH, connue sous le nom de sous-type L du groupe M (responsable de la pandémie mondiale). D’après Mary Rodgers, être en mesure de séquencer complètement l’échantillon s’apparentait au fait « d’utiliser un aimant après avoir longuement cherché une aiguille dans une botte de foin ».

« Cette découverte nous rappelle que pour mettre fin à la pandémie du VIH, nous devons continuer à mieux penser ce virus en constante évolution et utiliser les dernières avancées technologiques et les ressources les plus récentes à notre disposition dans ce but », a de son côté déclaré Carole McArthur, professeur à l’université du Missouri ayant participé à l’étude. Abbott a indiqué que le séquençage utilisé avait été mis à disposition des chercheurs souhaitant identifier d’autres souches du virus en circulation.

En 2018, sur les 37,9 millions de personnes vivant avec le VIH à travers le monde, 8,1 n’en avaient pas conscience, selon Onusida.

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