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Selon cette nouvelle étude, le modèle d’IA développé par le géant californien est capable de dépister le cancer du sein avec « une plus grande précision, moins de faux positifs et moins de faux négatifs que les experts humains », lorsqu’il est utilisé pour analyser les mammographies.

Un diagnostic plus précis

Les cancers représentent la seconde cause de mortalité chez la femme, derrière les maladies cardiovasculaires. Plus ceux-ci sont détectés à un stade précoce, plus les traitements se révèlent efficaces et les chances de guérison élevées. Cependant, l’analyse par l’humain des mammographies, qui représentent l’outil le plus couramment utilisé pour le dépistage du cancer du sein, induit un pourcentage important de faux positifs et de faux négatifs. Afin de fournir un diagnostic plus fiable, les chercheurs de Google ont développé un modèle d’IA capable d’analyser ce type de radiographies et de détecter les signes du cancer du sein en suivant un protocole proche de celui utilisé par les médecins.

Dans le cadre de cette nouvelle étude, financée par Google et présentée dans la revue Nature, les chercheurs se sont appuyés sur les mammographies de plus de 25 000 Britanniques et 3 000 Américaines pour former leur modèle d’IA, et ont ensuite comparé ses estimations avec les diagnostics médicaux réels reçus par ces femmes. Chez les Américaines, l’utilisation de l’intelligence artificielle de Google a permis de réduire le nombre de faux négatifs de 9,4 % et de faux positifs de 5,7 %, tandis que chez les femmes originaires du Royaume-Uni, où les mammographies sont soumises à une seconde lecture, le taux de faux négatifs était réduit de 2,7 % et celui de faux positifs d’1,2 %.

Assister les radiologues dans leur tâche

Bien qu’il offre dans la plupart des cas un diagnostic plus précis, ce modèle d’IA n’est toutefois pas infaillible. « Il peut arriver qu’un cancer identifié par plusieurs radiologues échappe à l’IA, mais l’inverse est également vrai », explique Mozziyar Etemadi, chercheur à l’université Northwestern et co-auteur de l’étude. Ce qui n’empêche pas Google de se montrer optimiste quant à sa future utilisation en conditions réelles. « Ces résultats sont très encourageants. Notre équipe travaille actuellement à faire en sorte que cette technologie de détection puisse être généralisée à l’ensemble des populations, ce qui implique la prise en compte de nombreuses nuances », estime de son côté Daniel Tse, membre de Google Health.

À la différence des experts humains, l’IA ne disposait pas d’informations complémentaires sur les patientes (historique, précédentes mammographies), ce qui rend la précision de ses diagnostics d’autant plus impressionnante. Google a toutefois pris soin de présenter cette technologie comme un moyen d’assister les radiologues dans leur tâche, et non de les remplacer. « Ces deux types de diagnostic présentent chacun leurs propres forces. Ils sont complémentaires », avance Shravya Shetty, chercheuse ayant également participé à l’étude. « Utiliser conjointement ces deux méthodes pourrait permettre d’améliorer le dépistage du cancer du sein. »

Ce nouveau projet s’inscrit dans la volonté de Google de développer ses activités dans le secteur de la santé. En mai dernier, le géant californien s’était illustré en dévoilant un logiciel de détection du cancer du poumon affichant un taux de réussite de 94,4 %.

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