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A l’origine, l’Anthropocène, à savoir « ère de l’Homme » (du grec ancien anthropos, homme et kainos, nouveau), est un terme qui permet de désigner une époque géologique au cours de laquelle les hommes ont apporté des changements aussi inédits que nombreux.

Toutefois, à mesure que le concept s’est répandu, les définitions ont commencé à se diversifier. Aujourd’hui, la signification même de l’Anthropocène et de sa chronologie diffère considérablement selon la personne qui parle.

Une reconnaissance scientifique encore partielle

Ce sont le météorologue et chimiste de l’atmosphère Paul Josef Crutzen (prix Nobel 1995 de chimie) ainsi que le biologiste Eugene Stoermer qui popularisent le terme Anthropocène pour désigner une nouvelle période géologique qui se serait ouverte d’après eux dès la fin du XVIIIe siècle. La révolution industrielle amène en effet à cette époque des changements profonds au sein des sociétés humaines et de leurs territoires.

Cependant, ce terme n’a pas encore été officiellement reconnu et ajouté à l’échelle des temps géologiques. Si un premier débat s’est engagé en 2012 au cours du 34e Congrès international de géologie, de nombreux scientifiques le considèrent insuffisant.

Les choses tendent à évoluer. Le 35e Congrès a permis d’intensifier les débats. Plus récemment encore, les débats d’une quarantaine de chercheurs en 2016 en Norvège ont conclu à la nécessité et la pertinence de reconnaître officiellement le concept d’Anthropocène.

Quand débute réellement l’Anthropocène ?

Depuis la fin du Pléistocène jusqu’à l’Holocène – l’époque actuelle – l’Homme a produit des modifications significatives de son environnement. La domestication des cultures, l’essor de la chasse comme l’élevage du bétail ou encore le passage à l’urbanisation sont chacun des évènements qui ont marqué la Terre de l’empreinte de l’Homme.

Par exemple, dès 3 400 avant notre ère, les Chinois fabriquaient déjà du cuivre. 3 000 ans avant notre ère, une grande surface de la planète portait les stigmates des peuples de chasseurs-cueilleurs ou des agriculteurs. Certains scientifiques considèrent ainsi que faire débuter l’Anthropocène à la révolution industrielle revient à sous-estimer les impacts climatiques antérieurs et provoqués par les hommes.

C’est pourquoi certains ont envisagé d’utiliser les termes « pré-Anthropocène » ou « proto-Anthropocène » pour décrire les impacts humains significatifs avant la fin du XVIIIe siècle.

Et après ?

L’accélération des bouleversements à partir du milieu du XXe siècle est proposée comme une « deuxième étape » de l’Anthropocène, période au cours de laquelle l’influence des activités humaines a commencé à croître de manière exponentielle.

On ne sait pas exactement à quoi ressemblera la prochaine étape de l’Anthropocène, mais les bouleversements sont désormais irréversibles et pourraient se poursuivre longtemps après la disparition de l’espèce humaine.

Les transformations exceptionnellement rapides que les humains ont apportées à la planète bleue depuis cette deuxième étape d’accélération dépassent très largement les événements climatiques antérieurs à l’Holocène.

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