Nous vous en parlions il y a quelques jours, Google a mis fin à sa relation avec le géant chinois Huawei en lui retirant la licence Android. Ce fut un véritable coup de tonnerre dans le milieu du high-tech, et des centaines de milliers d’utilisateurs se sont interrogés sur les conséquences qu’ils auront à subir. Loin de se laisser abattre, le géant chinois de la téléphonie semblait avoir prévu une telle éventualité, et nous apprenons aujourd’hui que des alternatives au Play Store étaient déjà en phase de conception. Explications.

Huawei s’attendait à une telle décision américaine

Un nouveau rapport de Bloomberg dévoilé ce mercredi 22 mai nous apporte de multiples détails sur la manière dont va réagir le géant chinois Huawei. Et premièrement, force est de constater que le constructeur avait, au moins, suspecté que Google et plus généralement Donald Trump allait émettre des sanctions à son encontre. En effet, il est avancé dans ce rapport que la galerie d’applications, dont le moteur est bien Huawei, et qui est installé hâtivement sur tous les appareils de la marque, servirait pour prendre le relais du Play Store. Tout cela concernerait donc les appareils de Huawei, mais également les Honor. Ainsi, dans l’idéal de la firme, les applications autres que celles de Google seraient en fin de compte disponibles à la fois sur le Play Store, et également sur le store proposé par Huawei.

De plus, le géant de la téléphonie chinoise avait, semble-t-il, proposé à de multiples constructeurs d’applications, en 2018 déjà, des partenariats portant sur le marché chinois. Il faut rappeler que l’on parle du plus grand marché de smartphones au monde, ce qui est susceptible d’intéresser bien des firmes. En définitive, il semble que les propositions aient été faites dans le but de produire des applications exclusives, ce qui permettrait de contrer un éventuel blocus de la part de l’Amérique. Aujourd’hui, une telle sanction de la part de la Maison-Blanche représente des conséquences économiques lourdes pour Huawei, qui s’articule principalement autour d’applications ayant des liens étroits avec Google. De plus, cette dernière doit suivre les directives initiées par le gouvernement américain. Ainsi, il serait tout à fait logique que Huawei ait cherché, déjà l’année dernière, à proposer un marché parallèle d’applications.

Pour le moment, il faut rappeler que les entreprises américaines ont un sursis de 90 jours pour s’organiser, comme le rapportent nos confrères du JournalduGeek. Pendant ce délai d’un mois et demi, Huawei pourra en profiter pour déployer des mises à jour sur ses téléphones portables, mais également pour faire des stocks de composants et d’équipements, afin de maintenir en bon état son réseau utilisé en Amérique. Même si ce délai peut être reconduit dans le futur, il garde toutefois sa nature temporaire, obligeant la marque chinoise à s’adapter.

Huawei, un géant qui en a les moyens

Dans le marché des applications mobiles sur le système Android, c’est Google qui se taille la part du lion avec son Play Store, largement devant les alternatives de Samsung (Galaxy Store) par exemple. Pour le concurrencer sérieusement, il faudrait déployer des moyens colossaux. Mais il ne faut pas sous-estimer Huawei, qui est une firme disposant de ressources considérables, qui pourraient être mises au service d’un tel projet. Rappelons tout de même que la marque allait devenir le fabricant de smartphones le plus prolifique du monde, d’après les estimations du début d’année, ce qui changera sûrement après la sanction américaine.

Actuellement deuxième devant Apple, le géant chinois espérait s’attaquer au monstre sud-coréen Samsung, comme le rapportent nos confrères du Monde. Il faut tout de même rappeler que dans un contexte où les ventes des téléphones des marques traditionnelles diminuaient (les ventes de Samsung diminuent de 8 % en 2018, celles d’Apple de 3,2 %), ce sont les téléphones de Huawei qui ont le plus séduit dans le monde, à hauteur de 33,6 % de plus en 2018.

La firme chinoise a, elle, indiqué disposer de suffisamment de composants afin de fabriquer des téléphones pendant trois mois. De plus, comme nous vous l’avons rapporté ci-dessus, elle pourra utiliser le sursis de 90 jours accordé afin de faire des stocks et entrevoir une transition vers un marché d’applications interne. Et au vu du climat politique et économique qui règne entre les États-Unis et la Chine, difficile d’imaginer que les tensions retomberont à court terme.

Concernant la perte de licence Android, Huawei pourra utiliser la version open source du système d’exploitation. En procédant de cette manière, les services de Google, présents dans de multiples applications, tout comme les mises à jour régulières, ne seront pas accessibles. Mais dans les colonnes du constructeur chinois, nous savons déjà que les équipes s’attachaient à développer, depuis plusieurs mois, un nouveau système d’exploitation alternatif.

Le but serait donc de mettre, en parallèle d’Android et d’iOS, un autre système d’exploitation qui serait tout aussi puissant et utilisé. Pour le moment, les sources s’accordent pour le nommer HongMeng OS, et ce dernier pourrait voir le jour dès l’automne prochain. De plus, ce système d’exploitation fraîchement conçu par Huawei serait capable d’exécuter des applications Android, ce qui serait un plus et une alternative intelligente dans cette guerre opposant l’Amérique à la Chine.

Pour les utilisateurs américains qui souhaitent utiliser des applications américaines, c’est probablement à ce niveau-là que tout va se jouer. Techniquement, les développeurs auront la possibilité de recompiler facilement leurs applications développées pour Android, et les exporter sur ce nouvel OS. Mais aujourd’hui, avec la sanction qui est en cours, les éditeurs américains n’ont pas le droit de travailler avec Huawei, et impossible de savoir s’ils pourront à terme proposer des applications, identiques ou originales, sur le nouvel OS. Rappelons que Google et Huawei ont tout intérêt à trouver un terrain d’entente, il semblerait même que les deux fassent tout leur possible pour faire changer Donald Trump d’avis sur cette sanction éclair.

Le P30 Pro, flagship de Huawei /
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menerlach

Pour les européens qui n’ont pas réussi à exister dans cette haute technologie ce n’est pas plus mal qu’il y ai concurrence avec un os de plus. Quand au prétexte de l’espionnage, avec la nsa ont est déjà vaccinés…