© Polygram Filmed Entertainment – Candyman / Allociné

Les légendes urbaines sont nombreuses. En effet, nous connaissons tous celle de Bloody Mary, ou encore celle du Slender Man. Toutes ces légendes ont été inspirées par des faits réels. Parmi ces légendes urbaines, nous retrouvons celle de Candyman. Selon la légende, si vous répétez cinq fois son nom face à un miroir, il viendra vous tuer avec son crochet de boucher. Bien que Candyman ne soit qu’une légende, les faits qui l’ont inspiré sont bel et bien vrais. Comment la légende de Candyman est-elle donc née ?

Candyman : à l’origine de la légende

Le nom de Candyman apparaît pour la première fois dans la nouvelle « The Forbidden » du romancier britannique Clive Barker. Il est question d’une jeune étudiante du nom d’Helen qui enquête sur de mystérieux graffitis sur un bâtiment désinfecté. Cependant, la jeune femme sceptique découvrira bientôt que Candyman existe. De même, qu’elle sera sa victime. En 1992, la nouvelle sera adaptée dans un premier film du nom de Candyman. L’histoire est rigoureusement la même. Mais cette fois-ci, les origines de Candyman seront mises en avant.

Effectivement, dans le film de Bernard Rose, Candyman, Daniel Robitaille est le fils d’un ancien esclave noir. Devenu artiste peintre, un riche propriétaire terrien lui demande de faire le portrait de sa fille. Les deux jeunes gens tombent rapidement amoureux. Seulement, ce n’est pas au goût de tout le monde. En effet, la jeune femme est blanche, et la société de cette époque voit d’un mauvais œil les couples interraciaux. Daniel Robitaille sera donc lynché, recouvert de miel et piqué par des abeilles jusqu’à ce que mort s’ensuive. De plus, sa main droite est coupée. Puis, son cadavre sera incinéré et enterré sur ce qui deviendra Cabrini-Green Homes, lieu de l’action du film.

Au cours du film, devenu emblématique pour une génération, Helen Lyne est non seulement confrontée à Candyman, mais aussi à l’extrême pauvreté et la criminalité à Chigaco. En effet, Candyman n’est pas qu’un simple film d’horreur, il met en scène l’histoire vraie de la population afro-américaine. Le lieu choisi par le réalisateur prend tout son sens, puisque le film a été tourné en partie à Cabrini-Green.

Bibliothèque du Congrès des États-Unis – Photographie de 1985, vers le nord-est les maisons William Green du projet d’habitation Cabrini–Green.

Le projet Cabrini-Green Homes

Cabrini-Green Homes était un projet de logement public de la Chicago Housing Authority, et les derniers immeubles furent détruits en 2011. Le but de ce projet était simple : loger des milliers d’Afro-Américains venus travailler à Chicago. Cependant, au fil des années, Cabrini-Green Homes s’est transformé en véritable cauchemar. Pauvreté, trafic de drogue, immeubles délabrés, et selon une étude près de 9 % de la population avait un emploi rémunéré dans les années 90. Le quartier a été de plus en plus négligé par la ville de Chicago, les immeubles étaient recouverts de graffitis, les ascenseurs cassés, les fenêtres brisées, etc. En somme, ce que vous voyez dans le film Candyman n’est pas un décor fait de toutes pièces, mais la réalité de cette époque.

De plus, certains immeubles avaient été construits de telle façon qu’il existait des passages étroits entre chaque appartement pour faciliter l’entretien. En d’autres termes, il existait des accès pour rejoindre la salle de bains des appartements. Chose étrange : dans le film, ceux qui invoquent Candyman se trouvent dans leur salle de bains.

Le meurtre de Ruthie Mae McCoy

Bien que la similitude entre Candyman et Bloody Mary soit assez claire, un fait divers pourrait être aussi à l’origine du choix du miroir de la salle de bains. En effet, le 22 avril 1987, la police de Chigaco reçoit un appel étrange d’une certaine Ruthie Mae McCoy. Cette femme, d’une cinquantaine d’années, vivait au 11e étage d’un immeuble d’ABLA Homes (projet de logements sociaux de la Chicago Housing Authority). D’après ce qu’elle disait, une personne tentait de sortir du miroir de sa salle de bains.

Seulement, Ruthie Mae McCoy était connue pour ses problèmes mentaux, et les autorités n’ont pas jugé bon d’intervenir. Ce n’est que quelques jours plus tard que Ruthie Mae McCoy fut retrouvée morte avec quatre balles dans le corps. Il existe d’ailleurs un lien entre Ruthie Mae McCoy et un personnage de Candyman. Effectivement, la première victime dans le film se prénomme Ruthie Jean. Elle aussi prévient la police, mais elle n’intervient pas.

Le lynchage des Afro-Américains

De plus, le film parle d’autres faits réels : le lynchage des Afro-Américains. En effet, il n’était pas rare que des Afro-Américains soient sommairement exécutés par des foules en colère, sans qu’ils aient été jugés coupables. Du moins, uniquement par la foule. Et c’est ce qui arrive à Daniel Robitaille dans Candyman. D’ailleurs, le mot argot américain pour désigner le lynchage n’est autre que « lynching bee », et Candyman apparaît tout le temps avec des abeilles. En conclusion, Candyman est un film sur les disparités sociales, économiques, sur le racisme, et une approche des légendes urbaines.

Candyman est sorti en 1992, et a eu droit à deux autres films. Au mois d’octobre de cette année, un préquel des films devrait sortir dans les salles obscures.

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Zogrot

désaffecté, pas désinfecté. ^_^