C’est désormais officiel : l’État américain d’Hawaï vient de décriminaliser la possession de petites quantités de cannabis. Au total, il y a désormais 26 États américains qui ont adapté une législation similaire.

Une question de quantité

Avec cette nouvelle loi, posséder jusqu’à 3 grammes maximum de marijuana n’est désormais passible que d’une amende de 130 $. Au-delà en revanche, le risque d’une peine de prison est toujours encouru. Tout cela contraste néanmoins avec la situation qui était en cours avant cette loi, où même une quantité infime faisait encourir jusqu’à 30 jours de prison, et une amende qui montait jusqu’à 1000 $.

Pour faire adopter cette loi, le parlement a d’abord mis en place un projet de loi. En majorité démocrates, ils se sont rapidement entendus sur le texte, et l’ont transmis au gouverneur local pour obtenir sa promulgation. Ce dernier, David Ige, s’y est fermement opposé. En revanche, il n’a pas non plus prononcé son veto, et donc la loi peut entrer en vigueur dès l’année prochaine, puisque la date limite était mardi dernier.

Comme le déclare un groupe de défenseurs des droits de la marijuana, « la suppression des sanctions pénales et de la peine d’emprisonnement possible pour la possession d’une petite quantité de cannabis constitue une amélioration ».

Dépénalisation ne vaut pas légalisation

Effectivement, il y a une différence majeure. Ici, il est question de décriminalisation, c’est-à-dire qu’une petite quantité de cette drogue n’est plus passible de peines d’emprisonnement. En revanche, l’amende prévaut toujours, ici à hauteur de 130 $ pour les petites quantités. Et en ce qui concerne les plus grandes quantités, qui s’apparentent souvent à du trafic de drogue, les peines sont beaucoup plus sévères et conduisent fréquemment à la prison.

S’il s’agissait de légalisation, il n’y aurait plus du tout de sanctions pour la possession de marijuana. Également, dans ce genre de cadre juridique, les ventes sont autorisées, dans des centres strictement contrôlés. C’est le cas dans plusieurs pays, comme aux Pays-Bas. Sa forme de plantes de cannabis sativa indica, le mode de consommation dénommée l’herbe ou marijuana est le plus répandu en Europe. Dans des conditions légales, il a par exemple été vendu plus de 120 kg de cannabis médical en 2008 aux Pays-Bas.

D’ailleurs, certains sont favorables à la décriminalisation, mais sont farouchement contre la légalisation. En effet, cela permet de s’attaquer aux problèmes des peines, jugées beaucoup trop dures et coûteuses aux États-Unis. Selon eux, si une légalisation intervenait, cela ouvrirait le marché américain aux grandes entreprises et au commerce de drogue, jugés irresponsables. Ici, le cannabis/majiruana n’est pas légalisé, et donc il n’y aura pas de point de vente légaux pour les consommateurs. Les organisations criminelles seront donc toujours en première ligne, et les violences ainsi que les produits chimiques nocifs seront toujours utilisés… les consommateurs en seront logiquement les premières victimes.

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