guerre chimique
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Si les armes chimiques sont connues pour avoir été massivement employées durant la Première Guerre mondiale, faisant près de 100 000 victimes, l’utilisation de ce type de substances sur les champs de bataille remonte à l’Antiquité.

Armes chimiques antiques

Le cas le plus ancien jamais documenté est intervenu autour du IIIe siècle de notre ère, dans ce qui est aujourd’hui la Syrie. À cette époque lointaine, le Levant représentait une terre stratégique pour les Romains et Perses sassanides, en raison de ses nombreuses bases fortifiées et importantes exploitations céréalières.

Bien que des cités comme Deir ez-Zor, Deraa et Raqqa aient été le théâtre de la plupart des combats entre ces deux grandes puissances antiques, une bataille particulièrement brutale s’est déroulée sur le site de Doura Europos, sur le Moyen-Euphrate. En l’absence de récits détaillés des événements, les chercheurs se sont appuyés sur différentes preuves archéologiques pour les retracer.

Sur la base d’une pièce de monnaie trouvée près des restes d’un soldat romain tombé au combat, le siège de Doura Europos, mené par le souverain sassanide Chapour Ier, a été daté aux alentours de 256 de notre ère. Des travaux de terrain ont également confirmé que les Perses avaient taillé une série de tunnels pour faire tomber les murs de la cité fortifiée, poussant les Romains à creuser des « contre-galeries » pour stopper leurs incursions.

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Accumulées au fil des décennies, les preuves d’une scène particulièrement atroce dans l’un des tunnels romains, incluant les dépouilles de 20 soldats ainsi que des traces de bitume et de cristaux de soufre (éléments combustibles dégageant des vapeurs denses de dioxyde de soufre lorsqu’ils sont combinés), ont permis l’identification du premier exemple avéré de guerre chimique.

Asphyxie rapide

Selon les historiens, ces produits chimiques auraient été diffusés dans le tunnel alors que les Romains étaient sur le point d’atteindre les lignes sassanides, provoquant leur asphyxie rapide. Un scénario largement appuyé par diverses sources écrites, rapportant l’utilisation de tels procédés lors de batailles ultérieures.

Si les galeries creusées par les Perses n’ont pas conduit à l’effondrement de l’enceinte de Doura, elles leur ont permis d’envahir la ville, dont la plupart des défenseurs ont été massacrés ou vendus comme esclaves à travers l’Empire sassanide.

À noter qu’au premier siècle de notre ère, un stratagème bien différent, impliquant du miel hallucinogène, avait conduit à l’empoisonnement d’une colonie militaire romaine entière.

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