Prospère pendant près de six siècles, la grande bibliothèque d’Alexandrie fut la plus célèbre bibliothèque de toute l’Égypte et l’un des plus grands centres culturels et intellectuels au monde. Malheureusement, elle est tombée en ruine à la suite d’un incendie.

On pouvait y retrouver le plus grand nombre de connaissances dans le monde antique. Elle a été construite au IVe siècle avant Jésus-Christ. Des rumeurs disaient que la grande bibliothèque d’Alexandrie abritait près d’un demi-million de rouleaux de papyrus avec toute une collection de manuscrits datant de l’Antiquité comme l’œuvre de Platon, Aristote, Homère et Hérodote. Vers le Ve siècle après Jésus-Christ, la bibliothèque a lentement perdu son influence. Plusieurs de ses collections ont été volées, détruites. A une certaine époque, la bibliothèque a même été abandonnée.

Les origines de la bibliothèque

La bibliothèque fut fondée dans la ville d’Alexandrie. Alexandrie, bâti par Alexandre le Grand en 331 avant Jésus-Christ, se trouve en Égypte à l’extrémité nord-ouest du delta du Nil. Après sa mort, son empire fut divisé entre ses généraux. L’un d’eux devint souverain de l’Égypte et fit d’Alexandrie sa capitale. Grâce à lui, la ville est devenue prospère et cela s’est poursuivi jusqu’au règne de ses descendants. Vers 323 avant Jésus-Christ, la ville avait déjà un grand port maritime et est devenue un centre commercial très florissant.

La bibliothèque a été construite en même temps que la ville. Pourtant, il n’est pas sûr que ce soit Alexandre le Grand qui ait bâti la bibliothèque. C’est sous le règne de Ptolémée qu’elle s’est le plus développée, c’est-à-dire entre 284 à 246 avant Jésus-Christ. D’autres théories suggèrent que l’Athénien du nom de Démétrios de Phalère avait aidé Ptolémée Ier à concrétiser la construction du bâtiment ainsi que le recueil des manuscrits. D’ailleurs, selon les archéologues, Démétrios voulait construire un lieu d’apprentissage capable de rivaliser avec le grand lycée d’Aristote à Athènes. Son plan de construire un immense bâtiment dans l’enceinte du palais avait donc plu aux dirigeants de l’époque.

Ptolémée Ier Soter, fondateur de la bibliothèque.

L’architecture de la bibliothèque

Au fil des années, la bibliothèque s’est agrandie. De plus, les dirigeants ont trouvé que ce centre d’apprentissage était bénéfique pour le peuple. De ce fait, de nombreux accords sont nés pour permettre la construction d’un complexe autour de la bibliothèque. Les archéologues n’ont pas pu délimiter le bâtiment, pourtant ils affirment qu’il était très grand. En effet, de nombreux endroits étaient attribués à différentes sections telles que des amphithéâtres, des laboratoires, des salles de réunions, des jardins, une salle à manger et même un zoo. Selon les historiens, la bibliothèque avait même une école de médecine où les étudiants pratiquaient la dissection de corps humains. Aucun autre endroit ne le faisait dans toute l’Europe avant le XVe siècle.

Les archives de la bibliothèque

La bibliothèque était un musée, mais aussi une université. Dans la bibliothèque, on retrouvait de nombreux manuscrits, des rouleaux d’œuvres littéraires et philosophiques ; mais aussi des recherches scientifiques et médicales, des textes sur la religion et la mythologie.

Dans les archives ont été retrouvées des œuvres d’écrivains célèbres durant l’Antiquité classique, tels que les philosophes Platon, Aristote et Pythagore. Des poésies ont aussi été trouvées, surtout les œuvres de Sappho, Pindare et Hésiode. Puisqu’il y a une section dédiée à la médecine des œuvres de personnalités célèbres, celles d’Hippocrate et Thalès ont été découvertes parmi les manuscrits.

Les souverains de l’époque souhaitaient regrouper le plus de manuscrits possible. Pour cela, ils ont déployé plusieurs agents dans le monde entier pour trouver toutes les œuvres anciennes, originales et célèbres.

une-grande-bibliotheque-alexandrie

L’expansion de la bibliothèque

La bibliothèque a accueilli de nombreux ouvrages que le bâtiment principal ne pouvait plus contenir. Ainsi, ils ont décidé d’ériger un deuxième bâtiment, le sérapéum, construit entre 246 et 222 avant Jésus-Christ près du palais royal. Son nom rend hommage au dieu gréco-égyptien Sérapis. De plus en plus de savants et de public ont été attirés par la bibliothèque. Des mathématiciens, des philosophes, mais aussi des astronomes ont donc passé beaucoup de temps à étudier dans cet endroit.

La destruction de la bibliothèque

Selon les historiens, l’incendie serait la cause de la destruction de la bibliothèque. Jules César est accusé d’avoir déclenché cet incendie. Les historiens affirment que pour repousser ses rivaux, César était obligé de mettre le feu aux navires dans le port, qui se serait propagé à la bibliothèque.

© Mary Harrsch / Flickr

Pourtant, certains archéologues affirment que ce n’est pas l’incendie qui a ravagé la bibliothèque. Selon eux, il est possible que le manque d’entretien ait causé la dégradation lente du centre. En effet, au fil du temps, elle a perdu toute son influence et la plupart de ses manuscrits ont été vendus et détruits. Les bâtiments ont été transformés en églises ou mosquées.

D’autres sources affirment que Théodose Ier avait ordonné la destruction des temples et des édifices dédiés au dieu gréco-romain. De ce fait, le sérapéum a été détruit et une église fut construite sur ses ruines.

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