Doté d’une capacité de survie fantastique, le tardigrade s’approprie les gènes d’espèces étrangères

Le tardigrade, aussi appelé « ourson d’eau » est une créature microscopique qui a une capacité de survie incroyable. Congélation, déshydratation, vide spatiale, intenses pressions ou encore radiations… C’est la seule espèce capable de résister aux conditions extrêmes de l’espace ! Les scientifiques ont analysé l’ensemble de ses gènes, et décidément, ce spécimen n’a pas fini de nous surprendre.

En novembre 2015, un groupe de chercheurs de l’université de la Caroline du Sud a publié des analyses sur ce petit animal.  Pour étudier son génome, ils ont isolé les gènes non animales du tardigrade, puis ont comparé ces gènes avec ceux d’autres organismes. Et leurs trouvailles sont tout simplement passionnantes : 17,5 % de l’ADN du spécimen provient d’autres organismes : plantes, champignons, bactéries, ou encore virus.

tardigradeCes gènes seraient entrés dans son ADN via un processus qu’on appelle le « transfert horizontal de gènes ». Le phénomène se produit assez souvent chez les organismes unicellulaires, mais il est extrêmement rare chez les animaux. Alors comment ce meli-melo génétique s’est-il opéré chez le tardigrade ? Les chercheurs ont découvert que ce transfert de gênes était dû à leur tolérance au stress et à la composition de leur ADN.

Les tardigrades vivent dans la mousse humide, et ils sont couramment amenés à endurer la dessiccation ou le dessèchement. Quand ils sont desséchés, leur ADN se brise en morceau. Les organismes qui les entourent subissent le même sort. A la différence que le tardigrade, quand il retourne dans un environnement humide, se réhydrate et retourne à la vie.

Représentation 3d du tardingrade
Représentation 3d du tardingrade

Au moment de la réhydratation, leurs parois cellulaires deviennent poreuses, des fragments d’ADN d’organismes désséchés autour d’eux peuvent pénétrer leurs cellules et peuvent fusionner avec l’ADN. Si cela se produit dans une cellule germinale, le matériau étranger pourra être transmis aux générations suivantes.

En résumé, à chaque fois qu’un ourson d’eau survit à menace qui lui a procuré une forme de stress, il parvient à acquérir plus de gênes qui peuvent l’aider à se remettre de ce stress. Le tardigrade aurait développé son habilité à survivre dans des conditions extrêmes à travers l’acquisition de gênes étrangers.

Incroyable, n’est-ce pas ? Ce drôle d’animal est fascinant, et semble venu d’une autre planète. Et pour cause : il est capable de survivre dans l’espace, contrairement à la plupart des organismes. Si vous voulez en savoir plus sur lui, n’hésitez pas à lire cet article qui vous en dira plus sur le tardigrade. 


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