― (Image d’illustration) Ahmad A Atwah / Shutterstock.com

C’est un triste constat qui a lieu en Irak. L’absence totale de train est un réel bouleversement pour Mossoul qui accueillait plus de 72 liaisons quotidiennes il y a dix ans maintenant. Découvrez le récit de cette gare historique qui faisait vivre le carrefour commercial du Moyen-Orient.

La gare de Mossoul manque aux habitants

Il y a de nombreuses années, les Irakiens allaient et venaient grâce à la gare de Mossoul. Avec 72 liaisons quotidiennes sur 2000 km de voies ferrées, la gare est aujourd’hui détruite à 80 % dévoile Qahtan Loqman, numéro deux des chemins de fer du nord de l’Irak. Ses locomotives calcinées n’amènent plus aucun habitant à l’extérieur du pays et ces derniers se sentent coupés du monde.

Au début du XXe siècle, le trajet du « Taurus Express » reliait Bassora à la Turquie et rejoignait le célèbre Orient-Express. Désormais, le trafic ferroviaire de Mossoul est quasi inexistant, de par sa gare détruite à cause des conflits, mais également à cause de l’invasion américaine de 2003. Depuis cette année-là, des trains partaient chaque semaine pour un aller simple à Gaziantep en Turquie, jusqu’au dernier en 2010.

Amer Adballah, conducteur de trains, se souvient que « tous les jours, il y avait des trains de passagers ou de marchandises ». Nostalgique, il poursuit : « C’était un moyen de transport confortable pour les malades ou les handicapés. Et on était sûr que la marchandise arriverait sans retard ni dégât. »

10 ans après, les trains ne circulent plus

C’est le 1er juin 1940 que le premier train rallie Istanbul depuis Bagdad. La ville est en plein essor et est à la pointe du progrès avec un tramway installé en 1869 ! L’homme raconte que les trains faisaient vivre les familles « des employés de la voie ferrée ou du bâtiment, des commerçants, des restaurateurs, des cafetiers, des chauffeurs de taxi… ».

Le 31 mars 2009, un camion piégé a fait exploser une grosse partie de la gare. Entre 2014 et 2017, la troisième ville d’Irak a été ravagée par les combats contre le groupe djihadiste État islamique. La façade est méconnaissable, la beauté de la gare est complètement cachée ou détruite. Malgré la libération il y a 3 ans, aucune rénovation ni reconstruction n’est prévue pour le moment. Désormais, quelques trains circulent pour rejoindre Fallouja à l’ouest, Kerbala et Bassora au sud.

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