Découvrez Le Garçon et la Bête, le quatrième chef-d’œuvre d’animation du réalisateur Mamoru Hosoda

Le réalisateur japonais Mamoru Hosoda est aujourd’hui devenu une figure incontournable de l’animation japonaise, en s’illustrant avec des longs métrages à la fois modernes et sensibles tels que La Traversée du temps, Summer Wars ou encore Les Enfants Loups Ame et Yuki. Le Garçon et la Bête ne déroge pas à la règle et vient une nouvelle fois confirmer tout le talent du réalisateur. Ce film mettant en scène une belle histoire d’amitié entre un garçon perdu et un ours grognon et solitaire à la croisée de deux mondes risque bien de vous enchanter !

Les premières images du film nous plongent aux côtés du jeune Ren dans les rues animées de Shibuya. Le garçon, qui a fui sa famille après le décès de sa mère avec laquelle il vivait jusqu’alors, hurle sa rage à la face du monde. C’est alors qu’il croise un étrange personnage qui lui propose de le suivre. Ren refuse dans un premier mais remarque que la personne sous la cape n’est pas humaine. Intrigué, il décide de le suivre discrètement et va ainsi atterrir dans le Jûtengai, le royaume des bêtes.

Le seigneur du Jûtengai, qui a l’apparence d’un lapin, cherche son successeur. Deux créatures se disputent la place : Kumatetsu, un ours certes talentueux mais paresseux, et son plus grand rival, Iôzen, qui est très apprécié et possède de nombreux disciples ainsi que deux enfants. Afin de pouvoir prétendre à la succession du seigneur du Jûtengai, Kumatetsu se voit dans l’obligation de former un disciple à son tour et prend donc sous son aile le jeune Ren, qu’il renomme Kyûta. La cohabitation entre le garçon et la bête est houleuse au début mais petit à petit, ils vont s’attacher l’un à l’autre. Grâce à la formation qu’il reçoit de Kumatetsu, Ren devient vite un guerrier aguerri, très populaire au Jûtengai.

Mais un beau jour, Ren retrouve par hasard le chemin qui mène au monde des humains. Il y rencontre Kaede, une étudiante qui va l’aider à rattraper le retard qu’il a accumulé dans ses études lors de ses années passées dans l’autre monde. Il va également retrouver son père, qui aimerait rattraper le temps perdu et lui propose de venir habiter chez lui. Confus, Ren se retrouve tiraillé entre deux mondes, deux modes de vie totalement différents et comprend que le trou noir qui grandissait dans sa poitrine quand il était petit n’a pas totalement disparu… Pendant ce temps, dans le Jûtengai, le jour fatidique de l’affrontement entre Kumatetsu et Iôzen approche…

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Le Garçon et la Bête est une œuvre à la fois touchante et profonde. La grande richesse du film est de s’appuyer sur les deux parcours de vie de Ren et de Kumatetsu pour nous conter une belle leçon de vie. Très différents, les deux êtres vont s’apporter beaucoup l’un l’autre : Kumatetsu va apprendre à prendre en charge quelqu’un et réussir à laver sa réputation de bon à rien tandis que le garçon rebelle va trouver en l’ours une figure paternelle qui va l’aider à grandir et à trouver un certain équilibre. À travers son univers onirique, Mamoru Hosoda n’hésite pas à aborder des thèmes plus sombres comme les blessures du cœur humain, ces trous noirs qui dévorent l’âme de ses personnages.

On ne s’ennuie pas un instant en regardant le film, qui alterne avec subtilité des passages de combats impressionnants qui raviront sans doute les amateurs du genre à des scènes émouvantes qui décrivent avec justesse les émotions humaines. Le public ne s’y est pas trompé car lors de son lancement au Japon en 2015, Le Garçon et la Bête a engrangé plus de 667 millions de yens rien que lors de sa première semaine d’exploitation et s’est classé à la deuxième place du classement japonais des films d’animation les plus rentables de l’année 2015. Comme c’était déjà le cas pour les précédents films du réalisateur, l’œuvre a également été adaptée en manga de 4 tomes, disponible en France aux éditions Kaze.

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Avec ce quatrième long métrage, Mamoru Hosoda vient confirmer son statut de nouveau roi de l’animation japonaise. Le Garçon et la Bête est une histoire touchante, qui allie avec brio action et émotions. À travers la rencontre entre le jeune garçon perdu et l’ours bourru, le spectateur est amené à réfléchir sur des thèmes profonds comme la famille, l’éducation, la quête d’identité… La qualité de l’animation sublime l’opposition du monde moderne des hommes à l’univers plus traditionnel du Jûtengai. Si ce n’est pas encore fait, on ne saurait que trop vous conseiller de voir ce petit chef-d’œuvre de l’animation japonaise.


Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi, mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami

— Georges Brassens