Affrontez la mort dans Gantz, l’anime cynique et violent adapté de l’œuvre de Hiroya Oku

Vous pensez que la vie est difficile ? Il semble que la mort peut parfois être pire. Pas de dieu, ni de salut dans l’au-delà. Juste une grosse sphère noire et des épreuves qui ne poursuivent aucun objectif. Est-ce un jeu ? Un test moral ou d’aptitude ? Pourquoi doit-on affronter ces aliens tout verts et ces robots monstrueux ? Pourquoi même après la mort devons-nous chercher à survivre ? C’est ce que voudrait savoir Kei Kurono, le héros de la série d’animation japonaise Gantz. Un animé ultraviolent et gore qui souligne la laideur de la société moderne.

Adaptée de l’œuvre papier de Hiroya Oku par Masashi Sogo et réalisée par Ichiro Itano pour le studio Gonzo, Gantz est une série d’animation japonaise en 26 épisodes et diffusée dès 2004 au Japon. On y retrouve Kei Kurono, un adolescent désabusé qui va rencontrer la mort sous un train. À son réveil dans le monde d’après, il va faire la connaissance d’autres « morts-vivants » qui, comme lui, ont connu un destin funeste et violent. C’est piégés dans une sorte de petit appartement que les premiers personnages se définissent, les premières questions se posent.

L’équipe est pour le moins hétéroclite. Un homme d’affaires, un mafieux, une jeune suicidée nue, une grand-mère et son petit-fils, un mec étrange et silencieux ; il y a même un chien. Bref, ça ne colle pas. Ils ne semblent rien avoir en commun si ce n’est la mort. Peut-être est-ce une farce, une émission de télé-réalité, ou quelque chose dans le genre. Pourtant il n’y a rien ici, personne pour les guider. Juste une énorme sphère noire.

Gantz. C’est le nom que lui ont donné d’anciens participants, en référence à une émission de télévision japonaise. C’est cet étrange occupant qui sera leur hôte pour le reste de l’aventure, limitant ses interactions à l’affichage de phrases simples et courtes sur sa surface sombre et bombée. Le premier message, plutôt explicite, indique : Votre minable vie est terminée. Ce que vous ferez dans la suivante ne regarde que moi. Car telle est ma logique.

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Aucune explication donc, mais aucun choix non plus. Armes, combinaisons et ordres de mission arrivent chaque nuit avant qu’ils ne soient téléportés dans un Tokyo de nuit à la poursuite de ce qui semble être des extraterrestres. Impossible de s’enfuir, la seule issue est la destruction de la cible ou la mort, la vraie. Néanmoins ils ne font pas tout ça pour rien, des points sont accordés à chaque fin de contrat. Pourtant là encore, le but reste un mystère. Jusqu’à ce que l’un d’eux atteigne le score de 100.

Mêlant action, thriller, horreur gore et psychologie, Gantz offre les pensées des protagonistes à la narration, évitant ainsi les défauts sociaux liés au jugement des autres. On découvre ainsi la vraie personnalité des héros, leurs secrets, leurs peurs, leurs défauts et leurs envies face à la violence et la cruauté de leur réalité ; et croyez-moi, ils se révèlent bien loin de ce qu’on attend des héros traditionnels.

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Le contenu fortement explicite et cru s’adresse directement et exclusivement à une audience mature et avertie. Si vous avez l’estomac fragile, passez votre chemin. Pour les autres, vous n’êtes pas encore sortis d’affaire tant la brutalité se montre imprévisible et totalement injustifiée. Si le développement de l’histoire se fait lent, ça n’est pas le cas de l’animation. Gantz est l’un des bijoux du studio Gonzo et leur travail soigné souligne parfaitement l’action et les combats dynamiques qui nous surprennent à plus d’un égard. Un OVNI de la japanimation définitivement dédié à une audience mature et avertie.

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Véritable pompe à adrénaline carburant à la barbarie, la série Gantz est résolument un OVNI de l’animation japonaise. Sa cruauté injuste, son cynisme et sa brutalité sadique rendent notre curiosité tout à fait déplacée et délicieuse. Une bonne occasion de satisfaire notre besoin d’hyperviolence et de profiter d’une œuvre de science-fiction nippone qui exhibe l’égoïsme, l’indifférence et la lâcheté d’une société.


L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée

— Léon Blum