C’est le mois dernier que le mondialement connu CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, a annoncé la fusion de trois de ses réseaux sociaux et services de messagerie : Messenger, WhatsApp et Instagram. Une décision prévisible, vue l’influence  globale qu’exercent ces trois applications dans le monde entier, mais qui inquiète l’Allemagne, soucieuse de préserver les données personnelles des utilisateurs allemands. Explications.

 

Une fusion de trois géants pour des questions de « simplicité et de fiabilité »

C’est du moins ce qu’a affirmé un porte-parole de Facebook, qui explique que cette fusion offrirait un système de messagerie « simple, rapide, fiable et privé ». Le principe est en effet une garantie de simplicité, qui offrirait aux 2,6 milliards d’utilisateurs de ces plateformes une interface unique réunissant les trois messageries, et permettant de communiquer de façon fluide directement via le réseau social Facebook sur les différentes plateformes.

Après l’acquisition par Facebook en 2012 du réseau de partage d’images Instagram, et de l’application de communication rapide WhatsApp, Mark Zuckerberg avait pourtant annoncé vouloir garder les trois applications totalement indépendantes … une décision visiblement reconsidérée puisque la fusion des trois services pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, ou au plus tard, début 2020.

Une annonce qui n’est pas sans soulever quelques protestations, au vu de l’incapacité notoire du réseau social à conserver en toute sécurité les données personnelles de ses utilisateurs. En effet, l’affaire Cambridge analytica révélait qu’en 2018, près de 87 millions de données personnelles d’utilisateurs directement issues du réseau avaient été collectées par la firme d’analyse de données, favorisant ainsi l’élection en 2016 du président américain Donald Trump. Plus récemment, une enquête du New York Times accusait Facebook de partager les données personnelles de millions d’utilisateurs avec des entreprises mondialement connues et très lucratives, comme Apple et Microsoft. Malgré les excuses répétées de Mark Zuckerberg, cette décision de fusion ne fait qu’accentuer la méfiance de certaines institutions mondiales, inquiètes que cette décision ne mène à une collecte de données de grande ampleur sur l’ensemble des utilisateurs. C’est notamment le cas de l’Allemagne, qui s’est vivement opposée à cette décision qu’elle juge liberticide.

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Une Allemagne inquiète que la collecte de données du réseau ne pèse sur la vie privée de ses citoyens

En effet, c’est par le biais de l’autorité allemande de la concurrence, connue sous le nom de Bundeskartellamt, que le pays a fait savoir son opposition à la fusion des services Instagram, WhatsApp, et Messenger. Le gendarme allemand de la concurrence a ainsi interdit à Facebook le rattachement par défaut de données personnelles issues des plateformes Instagram et WhatsApp. Une décision radicale, mais qui empêcherait Facebook de collecter des données issues de services tiers. L’agence de régulation a notamment accusé le réseau social d’avoir « enfreint les principes européens obligatoires de protection des données ».

« Nous sommes principalement préoccupés par la collecte de données en dehors du réseau social Facebook et par la fusion de ces données dans le compte Facebook d’un utilisateur » a déclaré le président de la Bindeskartellamt, Andreas Mundt.  Selon la décision du Bindeskartellamt, Facebook ne sera donc plus autorisé à accepter la collecte et l’attribution illimitée de données autres que Facebook à leur compte Facebook. Cette interdiction a été légitimée par le fait que Facebook possède en effet une grande partie du paysage des réseaux sociaux, une action illégale au regard de la législation anti trust allemande. En effet, selon l’agence de régulation, malgré la présence de certains concurrents comme Google+, la viabilité de la concurrence est jugée trop faible  en comparaison au géant Facebook, justifiant la loi anti-monopole.

Une déclaration à laquelle Facebook n’a pas tardé à réagir, rétorquant que « la popularité de Facebook n’était pas une domination » et a souligné la concurrence d’autres plateformes comme Twitter, YouTube, Snapchat… Le réseau social a également souligné que la collecte de données était uniquement dans un but de personnalisation de l’expérience des utilisateurs de la plateforme, et que son but n’était en aucun cas de mettre à mal la sécurité des personnes présentes sur le réseau.

Facebook dispose cependant d’un mois pour faire appel de la décision allemande, et tout laisse à penser que ce face à face juridique n’est pas terminé. En revanche, cette décision est à suivre de près, car l’Allemagne, de par son statut influent au sein de l’Europe, pourrait bien montrer la marche à suivre pour certains autres pays européens qui voudraient contester la possible influence de Facebook sur ses citoyens.

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