Fritz Haarmaan est connu sous le nom de « Vampire d’Hanovre » ou encore du « Boucher d’Hanovre ». En effet, dans l’Allemagne des années 20, les journalistes de l’époque oscillaient entre les deux noms. Et pour cause, il égorgeait ses victimes en les mordant. De plus, il vendait de la viande humaine sous forme de boîte de conserve. En somme, Fritz Haarmann était un vampire, et un boucher.

Une enfance empreinte de violence

© zur Druckversion / Wikimedia commons

Fritz Haarmann est le sixième enfant d’une famille pauvre dans l’Allemagne de la fin du XIXe siècle. Il se dit que dans sa jeunesse, il n’aimait guère les activités de « garçon » et préférait jouer avec les poupées de ses sœurs, ou coudre. De plus, Fritz Haarmann avait une aversion particulière pour son propre père, Ollie Haarmann. En effet, Ollie Haarmann était un homme volage et autoritaire qui ne tolérait pas les jeux de son fils. Il le frappait, l’insultait, et ne supportait pas sa « féminité non naturelle ».

Puis, Fritz Haarmann grandit et commença à jouer à de nouveaux jeux, plus particuliers. Il s’amusait à ligoter ses sœurs et à les regarder se débattre pour se libérer. Ou encore à taper aux fenêtres pour effrayer ses voisins. Pourtant, Fritz était un enfant calme, bien que médiocre à l’école. A cause de la violence de son père, ou celle qu’il subissait à l’école, Fritz devenait de plus en plus colérique. Il avait besoin de sortir de la maison familiale, et décida de s’engager dans l’armée en 1895, alors qu’il n’avait que 15 ans. Il réussit avec brio et était décrit comme calme et bon soldat. Fritz passa cinq mois dans l’armée, puis il apprit qu’il était épileptique. Il dut retourner chez lui, à Hanovre. Il commença alors à travailler à contrecœur avec son père, et commit ses premiers crimes.

© Georg Pahl / Wikimedia commons Haarman avec des agents de police

Premiers crimes et incarcérations

Fritz commence à rôder la nuit, il attendait que des jeunes garçons se retrouvent seuls et les agressait. Le nombre de victimes d’agressions sexuelles de Fritz n’est pas connu, mais lors de son arrestation, il a avoué pouvoir faire cela quotidiennement. Il fut envoyé en prison, et après seulement quelques mois, libéré. Environ un an après, Fritz est de nouveau arrêté pour des faits similaires. C’est alors qu’il est envoyé dans un hôpital psychiatrique, dans lequel il ne restera que six mois avant de s’enfuir pour la Suisse, grâce au soutien financier de sa mère.

C’est alors que Fritz se fiança avec une jeune femme du nom de Erna Loewert. Cette dernière tomba enceinte, mais avorta. Pendant sa relation avec Erna, Fritz continue d’agresser de jeunes garçons, bien que moins régulièrement. Fritz Haarmann retourna chez lui en 1900 pour terminer son service militaire obligatoire à l’époque. En octobre 1901, Fritz fit encore une crise, il souffrait d’asthénie et de déficience mentale. A l’époque, les médecins ne savaient pas de quelle maladie souffrait Fritz, mais les symptômes poussent à dire qu’il était schizophrène.

Pendant près de 10 ans, Haarmann vivra de délits mineurs, de cambriolages et d’escroqueries. A cette période, il est assez proche de la pègre d’Hanovre. Ce qui l’a certainement aidé lors de ses fréquentes arrestations. En effet, Fritz Haarmann devint un informateur pour la police d’Hanovre. Cependant, après la Première Guerre mondiale, les crimes de Fritz vont changer considérablement.

© Georg Pahl / Wikimedia commons Des enquêteurs fouillent l’appartement de Haarman

Meurtres en série et marché noir

De 1913 à 1918, Fritz Haarmann fut incarcéré. Mais en 1918, tout changea pour lui. Il avait aménagé avec un de ses compagnons de cellule, Hans Grans. Fritz Haarmann recommença à guetter de jeunes garçons perdus dans les rues d’Hanovre. Il les emmenait chez lui, les égorgeait en leur mordant la pomme d’Adam. Il appelait ça la « morsure de l’amour ». Puis, il revendait leurs effets personnels au marché noir. Pourtant, Fritz ne faisait pas que vendre les vêtements de ses victimes. Son amant, Grans, choisissait certaines des victimes. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait poussé Fritz à tuer.

© Georg Pahl / Wikimedia commons Haarman est amené au tribunal en 1924

A cette époque, l’Allemagne était dans une situation économique précaire, et la nourriture était difficile à trouver. Ainsi, Fritz eut une idée : découper ses victimes et les vendre comme chair à saucisse ou côtelettes de porc ou de bœuf. C’est sans aucun doute ce qui lui a valu le surnom de « Boucher d’Hanovre ». Pendant plusieurs années, la police ferma les yeux sur les actes d’Haarmann. Mais lorsque des enfants ont découvert des crânes et des ossements sur les rives de la Leine, la police dut arrêter Fritz Haarmann.

Lors de son arrestation, Fitz Haarmann avoua avoir tué peut-être cinquante ou soixante jeunes garçons. Mais la police n’a pu identifier que 27 victimes. Il fut reconnu coupable du meurtre de 24 d’entre elles. Par peur de retourner à l’asile, Fritz supplia les policiers : « Pendez-moi, faites ce que vous voulez de moi, mais ne me renvoyez pas chez les fous. » Hans Grans fut emprisonné. Fritz Haarmann, quant à lui, fut guillotiné en 1925.

© Georg Pahl / Wikimedia commons Haarman à son procès, assis entre les deux tableaux noirs

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