Dans un rapport publié ce mardi 4 juin par des associations françaises, les centres de rétention ont été utilisés « à plein régime » en France en 2018. Cela s’accompagnerait d’une détérioration des droits des étrangers, qui seraient incarcérés dans l’attente d’une probable expulsion.

Une systématisation de l’enfermement ?

Au total, six associations habilitées à intervenir dans les centres de rétention administrative ont publié, dans un rapport annuel, leur bilan sur ces derniers. Et pour la seule année 2018, plus de 45 000 migrants ont été enfermés dans des centres ou des locaux de rétention administrative en 2018, en France (26 614 en métropole). Les associations en question s’inquiètent et s’insurgent, dénonçant une « banalisation de l’enfermement ». Selon elles, il y aurait même un « usage quasi systématique de la rétention par de nombreuses préfectures ». Comme le rapportent nos confrères de Libération, les préfectures n’hésiteraient pas enfermer « des personnes fragiles, malades et des familles ».

De plus, ce qui est également mis en avant dans le rapport, c’est une « dégradation du respect des droits des personnes enfermées ». Au sein de la métropole seulement, environ 40 % des personnes enfermées ont été libérées par des juges en raison du non-respect de leurs droits par les autorités. Selon le rapport, l’ensemble du jugement manquerait d’un examen poussé des situations personnelles.

Une situation qui s’aggrave ?

Pour la seule année 2018, ce sont près de 500 places supplémentaires qui ont été créées en France, un record depuis une décennie, d’après la Cimade, l’Ordre de Malte, France terre d’asile, Assfam-Groupe SOS, Forum réfugiés-Cosi et Solidarité Mayotte. Elles sont donc aujourd’hui au nombre de 1549. Dans le même temps, les durées de rétention s’allongent, passant aujourd’hui à une moyenne de 14,6 jours pour une personne enfermée dans un centre contre 12,8 en 2017. Il faut également rappeler que depuis le mois de janvier, la durée maximale de rétention est passée à 90 jours, contre 45 dans le passé.

Les conditions de rétention s’avèrent de plus en plus difficiles, selon le rapport. Que ce soit sur le plan psychologique ou physique, la situation se complique très nettement. Violence physique, sentiment d’injustice, pression psychologique ou encore stress : plusieurs problématiques viennent toucher les migrants enfermés.

Enfin, les associations s’insurgent contre le « déficit de protection des femmes, victimes de la traite des êtres humains ». Il faut rappeler que dans ces centres de rétention, il y a 93 % d’hommes pour seulement 7 % de femmes. Selon le collectif de ces six associations, les femmes sont victimes d’une traite des êtres humains au moment de leur placement en rétention.

Les associations redoutent aujourd’hui un aggravement de la situation pour l’année 2019. Également, l’année 2018 a été le triste théâtre d’un nombre élevé de familles enfermées avec des enfants. Il y avait par exemple 1221 enfants enfermés à Mayotte, 208 en métropole. Sous François Hollande, le nombre d’enfants placés en rétention en métropole n’était que de quelques dizaines.

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ImeneAndrécaligulajean Auteurs de commentaires récents
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jean
Invité
jean

qu ils restent chez eux,la bas ils sont libre