Le cancer semble exister depuis la nuit des temps, comme le prouve cette étonnante découverte. En effet, des chercheurs ont observé un ostéosarcome périosté, un type de cancer des os proche de la maladie que peuvent développer certains humains, sur le fossile d’une petite tortue sans carapace qui vivait il y a 240 millions d’années, à la période triasique !

 

UN CANCER DES OS CHEZ UNE TORTUE VIEILLE DE 240 MILLIONS D’ANNÉES

En 2015, les paléontologues Rainer Schoch et Hans-Dieter Sues ont découvert en Allemagne le tout premier spécimen de Pappochelys rosinae, une tortue qui vivait il y a 240 millions d’années, pendant la période triasique. Très différente des animaux que l’on connaît aujourd’hui, cette tortue ne possédait pas de carapace, mais des dents pointues, et mesurait moins de trente centimètres de long. Elle avait un corps large, un petit crâne pointu doté de larges orbites et une très longue queue, qui représentait environ la moitié de la longueur totale de son corps.

Depuis cette première découverte, d’autres fossiles de ce spécimen ont été déterrés. Celui qui nous intéresse est actuellement conservé au Staatliches Museum für Naturkunde de Stuttgart. Et ce qui le rend particulièrement curieux, c’est qu’il présente une pathologie cancéreuse, comme les chercheurs allemands qui l’ont étudié le détaillent dans la revue JAMA Oncology. Surtout, il s’agit du plus vieux cas de cancer diagnostiqué chez un amniote, le groupe qui comprend les différentes espèces de tortues, de crocodiles, d’oiseaux et de mammifères.

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UNE EXCROISSANCE ANORMALE SUR UN DE SES FÉMURS

En observant le fossile de cette tortue vieille de 240 millions d’années, les paléontologues ont repéré une excroissance étrange et anormale sur l’un de ses fémurs. Une équipe du Museum für Naturkunde de Berlin a alors analysé l’os au scanner pour déterminer l’origine de cette excroissance.

Les chercheurs ont découvert qu’il s’agit d’une tumeur osseuse hautement maligne, c’est-à-dire un cancer des os, très proche de l’ostéosarcome périosté que l’on observe chez l’Homme. Toutefois, les scientifiques ne savent pas si l’animal est décédé des suites de ce cancer. Ils ne savent pas non plus si cette tumeur résulte des mêmes mutations génétiques que l’on peut observer chez l’homme.

Loin d’être anodine, cette découverte rarissime complète nos connaissances en paléopathologie, l’étude des maladies anciennes qui permet aux chercheurs de suivre et comprendre l’évolution des pathogènes, des systèmes immunitaires, de la physiologie de guérison et plus globalement, de l’environnement. Car, si l’augmentation du nombre de cancers humain est indéniable, les paléontologues rappellent qu’il s’agit d’une « rareté extrême chez les fossiles ».

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