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Des chercheurs américains ont déterminé que pour un nourrisson de moins de huit semaines, le fait d’avoir de la fièvre était associé à un risque doublé de développer de graves infections bactériennes (méningite, infection du sang, infection urinaire…).

« Les jeunes nourrissons ont un système immunitaire sous-développé »

À la lumière de ces résultats, les chercheurs encouragent les parents de nourrissons de moins de huit semaines à demander une prise en charge immédiate si la température de leur enfant dépasse 37,7 °C. Selon Joshua Davis, médecin urgentiste au Penn State Medical Center et co-auteur de l’étude, il est essentiel d’identifier les facteurs pouvant augmenter le risque d’infection chez le nourrisson : « Les jeunes nourrissons ont un système immunitaire sous-développé et sont plus susceptibles de développer de graves infections. Leur état de santé peut décliner rapidement s’ils ne sont pas diagnostiqués dans un délai approprié. »

Pour Davis, les résultats de cette nouvelle étude, parue dans le Journal of Emergency Medicine, montrent qu’à la différence des sujets plus âgés, le risque d’infection est proportionnel à la température relevée pour les nourrissons de moins de deux mois. « De nombreux parents s’inquiètent et amènent leurs enfants de moins de deux mois aux urgences lorsque ces derniers sont fiévreux. Mais une forte fièvre est moins préoccupante chez les enfants plus âgés, car leur corps est mieux armé pour combattre les infections bactériennes graves », a précisé le médecin.

Une relation statistiquement significative entre la hauteur de la fièvre et le risque d’infection

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont étudié 4 821 cas de nourrissons atteints de fièvre, non prématurés, n’ayant pas développé de septicémie et ne s’étant pas vu administrer récemment des antibiotiques. Si la durée de la fièvre et la zone où la température avait été prise n’avaient que peu d’influence, les chercheurs ont observé une relation statistiquement significative entre la hauteur de la fièvre et le risque d’infection. Selon Davis, de graves infections bactériennes ont été constatées chez 20,4 % des nourrissons souffrant de forte fièvre, contre seulement 9,1 % chez ceux présentant une température plus basse.

Joshua Davis a par ailleurs estimé que mieux comprendre les facteurs exposant les nourrissons à un risque d’infection grave, et en identifier de nouveaux, pourrait un jour contribuer à réduire le vaste éventail de tests pratiqués dans les hôpitaux. Les ponctions lombaires et les analyses sanguines, qui ne représentent que quelques-unes des interventions pratiquées par les médecins afin d’évaluer la gravité de l’infection bactérienne, peuvent se révéler douloureuses ou invasives pour les nourrissons.

« L’intensité de la fièvre n’est pas suffisante pour estimer ou écarter la possibilité d’une infection bactérienne grave. Mais il s’agit d’un outil qu’on peut utiliser afin d’identifier les nourrissons présentant un risque d’infection accru », a conclu le chercheur.

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