La Finlande enchaîne les initiatives depuis 2014 pour lutter contre les fake news. Ces fausses informations se propagent de plus en plus vite sur Internet et impactent directement l’opinion des citoyens. Mais la Finlande semble être en train de gagner cette guerre contre les fake news et devient un modèle pour le reste des pays européens.

Un plan de lutte qui existe depuis 5 ans

Jussi Toivanen, à l’Espoo Adult Education Centre, fait une présentation PowerPoint autour du phénomène des fake news. Avec des illustrations et des exemples, il explique à des adultes, parfois perdus sur Internet, comment reconnaitre des fausses informations ou encore les éviter. Bots Twitter, montage de photos et de vidéos, faux comptes, tout est décrit afin que les “élèves” soient les plus informés possible sur le sujet.

Ce cours s’inscrit dans une série d’initiatives anti-fake news lancée en 2014, il y a donc plus de 5 ans déjà. Le but était d’aider les citoyens, journalistes, étudiants et même politiciens de veiller à ne pas croire tout ce qui se dit sur Internet et d’éviter de répandre des informations inexactes. En somme, tous les habitants de la Finlande sont concernés par ces mesures, encore plus depuis que la Russie (pays limitrophe) a interféré dans la campagne présidentielle américaine en 2016.

Les fake news envahissent nos écrans, à coups de vidéos truquées et informations erronées

Une série d’initiatives qui porte ses fruits

Selon une étude menée à l’European Policies Program Open Society Institute à Sofia (Bulgarie), la Finlande est le pays où les médias résisteraient le mieux aux problèmes des fake news. La Finlande serait donc le pays qui éduquerait le mieux sa population face à cette problématique, mais plus globalement qui tente d’éveiller le sens critique des habitants.

Toivanen explique que “ce n’est pas simplement un problème du gouvernement, c’est toute la société qui a été ciblée. Nous faisons notre part, mais tout le monde doit contribuer à la protection de la démocratie finlandaise.” Il ajoute que “les professeurs à la maternelle sont la première ligne de défense”.  L’éducation est bien au coeur de l’enjeu.

Des mesures se multiplient justement au sein des écoles. L’école franco-finlandaise à Helsinki a, par exemple, organisé des débats autour des élections européennes, où les sujets les plus brûlants de l’actualité (immigration, Brexit, économie…) étaient abordés. Les élèves devaient ensuite utiliser leurs ordinateurs pour vérifier les informations dites au cours des débats, toujours dans l’idée “d’enquêter” pour démêler le vrai du faux. Ils devaient examiner des vidéos sur YouTube, des postes sur les réseaux sociaux et les comparer entre eux.

Constat final de la part d’une des élèves qui ont participé à cet exercice : “C’est très ennuyeux de devoir absolument tout vérifier, parce qu’on ne peut croire en rien ni en personne sur Internet. Nous devrions mettre fin à ça.”

La Finlande, une démocratie qui affronte un Internet pollué

La Finlande est un pays qui présente des statistiques très encourageantes concernant le bien-être de sa population : 2e pays en matière de liberté de la presse, ayant un modèle d’éducation mondialement reconnu, et une politique efficace de lutte contre la pauvreté (notamment en étant l’un des rares pays européens à avoir amélioré la situation de ses SDF)… C’est pourquoi le pays se donne les moyens de lutter un maximum contre les fake news : la stabilité de sa démocratie est cruciale.

Malgré toute la bonne volonté des Finlandais, le problème semble particulièrement complexe. Jessikka Aro, journaliste à la radio-télé YLE finlandaise, s’exprime sur le sujet : « Facebook, Twitter, Google/YouTube devraient réguler les trolls russes.” Elle fait référence à la problématique des Russes qui auraient tenté d’interférer dans les médias locaux, bien avant les élections américaines de 2016. Redoutant l’influence grandissante du Kremlin, de nombreux médias sont sur leurs gardes quant aux informations qui circulent sur le net et estiment que les plus grosses plateformes devraient prendre leurs responsabilités.

Jussi Toivanen, professeur dont nous vous parlions plus haut, résume la situation très simplement : « Ce sera un véritable challenge pour nous de contrer ce type d’activités {circulation de fake news} dans un futur proche. Nous devons nous y préparer. »


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Serpax

« Selon une étude menée à l’European Policies Program Open Society Institute… »
Ha ha, une « étude » menée par le centre de propagande de Georges Soros contre la Russie bien sûr après une prétendue interférence dans les élections américaines sans n’avoir jamais fourni la moindre preuve.
Vous avez dit fake-news ?