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Ce lundi 11 novembre, un séisme d’une rare intensité a été ressenti en France. Une secousse brutale dont l’épicentre se situerait au sud de Montélimar, selon le Bureau central sismologique français de Strasbourg. Ce séisme, d’une importante magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter, a surpris les habitants de la Drôme et de l’Ardèche, faisant au moins quatre blessés dont un grave, et aurait également affecté une cinquantaine de bâtiments, selon la Sécurité civile. Quant à la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, elle a été temporairement fermée par EDF pour vérifier l’étendue d’éventuels dégâts causés par les vibrations sismiques.

Des dégâts dont l’étendue reste à évaluer

Survenu à 11h52 ce lundi 11 novembre, le séisme qui a fait trembler la Drôme aurait duré cinq secondes. Une durée suffisante pour causer un certain nombre de dégâts dans la région, et blesser quatre individus, dont l’un gravement, en raison de la chute d’un échafaudage due aux tremblements sismiques.

Du côté des dégâts matériels, certaines pertes sont également à déplorer : en Ardèche, la Sécurité civile a déclaré l’effondrement d’un bâtiment désaffecté, mais également la présence de fissures sur une cinquantaine d’habitations. À la suite de ce constat, la préfecture du Teil a conseillé aux habitants de se tenir à l’écart des logements, et les écoles de la région ont été fermées ce mardi afin de vérifier la stabilité des bâtiments.

L’église du Teil, populaire parmi les locaux, a également subi des dégradations matérielles importantes. Quant aux sinistrés victimes du séisme, ils ont rapidement été pris en charge par la Croix-Rouge, qui a aménagé pour eux, avec l’aval du maire du Teil, trois gymnases locaux, afin d’y passer la nuit de lundi à mardi.

Des vérifications effectuées en urgence à la centrale de Cruas

Étant située à une dizaine de kilomètres seulement de l’épicentre, les regards se sont rapidement tournés vers la centrale nucléaire de Cruas, dont EDF a décidé dans la soirée du 11 novembre la fermeture immédiate des trois réacteurs en marche de la centrale (l’un d’entre eux ayant déjà été précédemment fermé pour maintenance).

Malgré ces mesures d’urgence, le groupe EDF s’est voulu rassurant, affirmant que « les premiers contrôles n’ont pas mis en évidence de dégâts apparents. Des vibrations ont cependant été enregistrées, ce qui nécessite de procéder à des contrôles complémentaires et préventifs », a assuré le groupe dans un communiqué, évoquant un redémarrage possible de la centrale le 15 novembre, la date pouvant toutefois évoluer en fonction des constatations rendues par l’ASN.

Une information rapidement confirmée par le préfet de la Drôme, Hugues Moutouh, qui a souligné que « le seuil sismique vibratoire a déclenché une alarme sur un seul des cinq capteurs présents sur le site. Aucun dégât sur les bâtiments n’a été constaté, et les installations fonctionnent normalement. »

Même son de cloche du côté de l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire, en charge d’évaluer les conditions dans lesquelles les différents réacteurs pourront redémarrer, et qui estime que l’arrêt des réacteurs pourrait cependant durer « quelques jours ».

Un phénomène rare

Un séisme de cette magnitude est cependant assez rare dans cette région du monde. Si environ 600 séismes se produisent tous les ans en France, il est relativement rare que la population en ressente les effets. Les régions les plus touchées par les secousses sont en général l’Alsace, les Alpes, les Midi-Pyrénées, le littoral méditerranéen.

Comme le souligne Frédéric Masson, directeur de l’École et observatoire des sciences de la Terre, « c’est une grosse surprise à l’échelle de la mémoire humaine, il y a au moins 50 ans qu’il n’y avait pas eu de séisme de cette ampleur dans la région. Mais à l’échelle historique, ce type d’évènement survient tous les dix ans en France. »

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