Replongez dans l’univers de Farscape, cette série de science-fiction devenue culte

Avec le nombre extraordinaire de productions télévisuelles sur le sujet, les amateurs de science-fiction ne sont pas en reste. La chaîne américaine Sci Fi en a d’ailleurs fait sa spécialité et offre chaque année de nouvelles productions plus surprenantes les unes que les autres. Parmi elles, Farscape, une série de 88 épisodes diffusée au début des années 2000 est sortie du lot en proposant des personnages au physique surprenant et des effets, à l’époque, épatants.

 

L’histoire de la série débute lorsque John Crichton, un pilote d’essai de la NASA, est envoyé dans l’espace pour prouver une de ses théories. Tentant une manœuvre délicate, il va essayer d’utiliser la gravité terrestre pour augmenter sa vitesse et ainsi permettre à l’humanité de passer un cap majeur, celui du voyage interstellaire. Une fois en place au-dessus de la Terre, Farscape 1 (le nom de code porté par Crichton) se lance à pleine vitesse mais rencontre vite une super-vague d’énergie électromagnétique. Prié d’arrêter l’expérience, le pilote refuse mais perd le contrôle de son vaisseau, disparaissant dans l’espace. Aspiré par un trou noir, il est projeté loin de la Terre, dans un environnement inconnu.
A l’autre bout de l’espace, loin de la terre, il se retrouve au milieu d’un affrontement : un vaisseau spatial colossal subit différentes attaques et très vite, Crichton est aspiré en son cœur sans pouvoir manœuvrer son appareil. Ce vaisseau, c’est Moya, une entité vivante dans laquelle se sont réfugiés trois prisonniers, récemment soustraits à la surveillance de leurs geôliers. Un guerrier nommé Ka D’Argo, la prêtresse Pa’u Zotoh Zhaan, et le monarque déchu Rygel le XVIe sont tous les trois pourchassés par les chasseurs de la race des Pacificateurs, chargés de les renvoyer en prison. Ensemble, ils tentent de fuir pour retrouver leur liberté. Ils seront bientôt rejoints par Aeryn Sun, une pacificatrice reniée par son camp et John Crichton, à son tour poursuivi, n’aura pas d’autre choix que de les suivre.

Farscape, sur de nombreux points, rejoint les séries « clichés » de la science-fiction, notamment en débutant son histoire par un discours paternel sur la force du héros. Les décors, qui aujourd’hui paraissent désuets, sont semblables à ceux que l’on retrouve dans un bon nombre de séries de l’époque telles que Stargate SG-1 ou les premières saisons de la nouvelle série de Doctor Who.

farscape-moyaL’une des forces de cette série est ses personnages qui, tour à tour, se révèlent intéressants : Aeryn Sun fait partie des Sébacéens, une espèce similaire à la nôtre au premier abord mais qui est incapable de supporter la chaleur et de réguler sa propre température contrairement aux humains. Formée dès le plus jeune âge à la traque auprès des jeunesses pacificatrices, elle est bornée et reste fidèle aux idées de ses pairs. Il faudra plusieurs épisodes avant de la voir changer d’avis et supporter les héros de la série. Vient ensuite Pilote qui dirige le vaisseau et qui est en parfaite symbiose avec la bâtiment. Il est constitué de parties organiques mêlées à des membres mécaniques et son origine est inconnue.

Ka d’Argo est un guerrier au tempérament chaud : si de prime abord son personnage ne semble qu’être une simple copie de tous les héros badass de la science-fiction, il se dévoile au fur et à mesure de la première saison pour laisser paraître un passé difficile et un caractère complexe. La prêtresse est une femme humanoïde de couleur bleue. A bord du Moya, elle représente la patience et le calme : mystérieuse, elle est non violente mais possède des pouvoirs puissants. Enfin, Dominar Rygel XVIe est l’ancien roi de son peuple. Habitué à être servi, il apparait comme un personnage antipathique qui, au même titre que ses compagnons de voyage, se révèle plus profond et intéressant à mesure de l’avancée de la série.

farscape-herosQui dit héros, dit généralement méchant et sur ce point, Farscape ne manque pas d’imagination. Si la série compte de nombreux opposants à la bonne tenue de Crichton et de ses nouveaux amis, l’un d’eux, Scorpius, sort du lot. Servant, dans un premier temps, les Pacificateurs, il se révèle plus vile et manipulateur à mesure des épisodes. La construction des relations reste toujours intéressante : le héros et son némésis évoluent ensemble et il en va de même pour leurs sentiments l’un pour l’autre qui changent en fonction des évènements.

A l’image de nombreuses séries, Farscape n’a pas connu le nombre de saisons qu’on lui prêtait à ses débuts : prévue pour 5 saisons, elle fut annulée à la 4e et si l’histoire se terminait assez bien, le scénario laissait tout de même quelques questions en suspens. En fin de compte, deux téléfilms ont été créés pour remédier au problème et terminer l’œuvre comme il se doit.

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Evidemment et comme bien d’autres séries télévisées de l’époque, Farscape est bien plus proche de la fantasy que de la science-fiction, prenant de nombreuses libertés avec les règles de la physique dans le but de coller au scénario. Les trous de ver, placés au centre de l’intrigue, peuvent faire penser à une certaine recherche scientifique et pourtant, les actions des personnages sont souvent si ahurissantes que la série perd de la crédibilité au point même de devenir amusante.

Ainsi, retenir son souffle lors d’une simple sortie dans l’espace sans protection semble, pour nos personnages, une solution idéale. Les exemples de ce genre son nombreux et s’il est vrai qu’ils desservent grandement le sérieux de la série, ils offrent un aspect humoristique, forcent le spectateur à aborder la série au second degré, attitude inévitable aujourd’hui. De fait, la série a vieilli et c’est en gardant à l’idée qu’il faut rire de Farscape qu’on en profite le plus, pouvant être surpris de temps en temps par l’aspect dramatique et sérieux de la série.

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A la fois amusante et sérieuse, premier et second degré, Farscape nous emmène en promenade aux quatre coins de l’univers pour nous y dévoiler un monde fascinant, plein de créatures surprenantes au physique aussi beau qu’il peut être dégoûtant. La série, loin d’être la meilleure du genre, est un divertissement sympathique que l’on dévore, une fois passé les premiers épisodes, d’une seule traite. Destinée aussi bien aux grands fans de science-fiction qu’aux néophytes amusés, elle reste et restera pour beaucoup une série culte.


Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence

— Léon Blum