Il y a environ 50 ans, une tragédie s’est produite en Alabama. Des scientifiques ont mené une expérimentation sur les personnes noires. En effet, il s’agit d’une expérience scientifique qui portait sur la syphilis, et les personnes qui ont participé à cette expérience n’avaient pas reçu de traitement. Cette expérience fut menée par le Public Health Service (PHS), l’agence fédérale de santé publique. Selon ZME Science, ils ont refusé de fournir à leurs patients le traitement adéquat contre la syphilis. Environ 400 hommes noirs ont été atteints de cette maladie en Alabama.

L’expérience de Tuskegee a été menée de 1932 à 1972. C’était une étude clinique effectuée par des médecins américains afin de connaître l’évolution de la syphilis lorsqu’elle n’est pas traitée. Cette étude est très choquante, car les sujets n’ont même pas été avertis de la situation. Ils étaient juste pris en charge par les médecins et le gouvernement américain. D’ailleurs, les participants à l’expérience n’étaient pas totalement d’accord et ignoraient certaines étapes de l’étude. En échange, ils recevaient des traitements gratuits, repas et transports, et leurs familles recevaient 1.000 dollars pour organiser leurs funérailles en cas de décès.

Qu’est-ce que l’expérience de Tuskegee ?

En 1932, les services de santé publique des États-Unis ont commencé à mener une étude sur la syphilis. Pour cela, ils ont collaboré avec l’université de Tuskegee, une université pour les personnes noires en Alabama. Afin de mener à bien l’expérience, les chercheurs ont utilisé environ 600 participants : des Afro-Américains pauvres venant du comté de Macon. Parmi eux, 339 avaient déjà la syphilis et 201 ne l’avaient pas, constituant le groupe témoin.

D’après ZME Science, les sujets ont été manipulés car les médecins leur ont menti en affirmant que l’étude ne durerait que 6 mois. Pourtant, elle s’est étalée sur 40 ans. D’ailleurs, l’étude aurait continué bien au-delà de 40 ans et malgré l’arrêt de son financement. Les participants n’ont donc pas été informés du déroulement de l’étude. Ils ne savaient même pas qu’ils étaient malades, mais pire encore, ils n’ont pas reçu de traitement.

Comment s’est déroulée l’étude ?

L’étude n’a pas respecté les engagements avancés par les responsables. En effet, les patients n’avaient reçu aucun soin adapté. Début 1932, les médecins affirmaient que le traitement dédié à la syphilis était considéré comme toxique et peu efficace. Le but de l’étude était d’observer les changements des symptômes et du mode de vie du patient si ce dernier n’avait pas recours au traitement. Mais vers 1943, la pénicilline a été reconnue comme traitement efficace contre la maladie, cependant les chercheurs ont refusé de fournir ce médicament à leurs sujets.

Les médecins voulaient en savoir davantage sur la maladie car elle touchait plus d’Afro-Américains que de Blancs. Pour cela, toutes les informations nécessaires n’ont pas été communiquées aux patients. L’étude s’est poursuivie jusqu’en 1972, jusqu’à ce que la presse dévoile l’opération au grand public. À la suite de cela, l’étude a été abandonnée.

La presse a tout révélé au grand jour

Ce n’est que 30 ans après la première expérience que l’histoire a éclaté au grand jour. Vers 1970, le médecin de la santé publique Peter Buxtun a révélé à la presse l’existence de cette expérience. Peter Buxtun avait déjà essayé d’alerter les autorités de tutelle. À la suite de cette révélation, en 1972, l’étude a enfin pris fin. A cette occasion, l’Office for Human Research Protections fut créé. C’est une organisation qui prend en charge l’examen des protocoles expérimentaux ainsi que le respect des principes éthiques.

La NAACP a aussi déposé une plainte en débloquant une somme de 9 millions de dollars afin d’aider les victimes pour qu’elles bénéficient de soins appropriés. En 1997, le président Bill Clinton a adressé des excuses officielles au peuple de l’Alabama pour cette expérience.

D’autres pays ont été victimes de cette expérience

En 2010, l’historienne Susan Reverby a découvert des documents datant de 1945 et 1948. Dans ces documents, elle a retrouvé deux institutions sanitaires qui avaient mené des expériences secrètes sur la syphilis au Guatemala. Le but de ce projet était de savoir si la pénicilline pouvait aussi empêcher la propagation de la maladie. Elle a aussi découvert que l’expérience fut menée sur 696 patients qui étaient des prisonniers, des soldats et des malades mentaux.

Apparemment, environ 427 personnes ont été infectées par la maladie et seulement 369 ont pu recevoir les traitements corrects à base de pénicilline. Par ailleurs, le président américain Bill Clinton avait lui-même adressé des excuses aux Guatémaltèques pour cette expérience. Pour aller plus loin, découvrez également 9 autres expériences médicales absolument atroces menées sur des êtres humains.

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