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Dès le début de la pandémie de Covid-19, les débats ont été lancés au sein de la communauté scientifique sur la nécessité d’infecter délibérément des volontaires sains avec le virus à des fins de recherche. Jugée contre l’éthique par certains, et inévitable par d’autres, des scientifiques ont finalement choisi d’appliquer cette méthode, et les premiers résultats de l’étude sont là.

Une expérience approuvée par le comité d’éthique britannique

À l’ère de la pandémie de Covid-19, un grand nombre d’individus à travers le monde ont pris la décision de réduire leurs interactions sociales et d’appliquer certaines mesures afin de se prémunir d’une éventuelle infection au virus. Pourtant, des scientifiques ont longtemps exprimé la nécessité d’infecter délibérément des volontaires sains afin d’accélérer les recherches sur le développement de vaccins contre la maladie. Si l’éthique de telles expériences est encore remise en cause par de nombreuses personnes, la première expérience mondiale d’infection de personnes par le coronavirus a pourtant bien eu lieu.

Notons que ce n’est cependant pas la première fois que l’on infecte volontairement des individus avec des virus à des fins de recherche. En fait, il existe ce que l’on appelle « Human Challenge Study », un type d’essai clinique impliquant l’exposition intentionnelle des sujets de test à la maladie testée. En ce qui concerne cette expérience sur le Covid-19, elle a été réalisée par des chercheurs de l’Imperial College London et elle a été approuvée par le comité d’éthique britannique, a rapporté Le Monde. Il est important de noter que l’étude a été réalisée sur une souche du virus avant l’apparition des variants Alpha, Delta et Omicron.

L’étude publiée en ligne en réimpression dans Springer Nature a impliqué 36 volontaires sains âgés entre 18 et 29 ans. Notons qu’aucun des 26 hommes et 10 femmes ayant participé à l’étude n’a été ni vacciné contre la maladie ni sujet à une infection antérieure. Pour infecter les volontaires, on leur a administré une goutte de matériel viral par voie nasale. La quantité de virus qui a été utilisée dans l’étude était 10 fois inférieure à la quantité recommandée par un comité consultatif indépendant. Malgré cette quantité infime, il a tout de même été constaté que 53 % des participants ont développé une infection au SARS-CoV-2.

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Des découvertes très intéressantes

Parmi toutes les personnes infectées, seules deux d’entre elles étaient asymptomatiques. En revanche, celles qui ont subi les contrecoups de l’infection n’ont développé aucun symptôme grave de la maladie. L’une des premières constatations de l’étude étant la manière dont l’infection se manifestait chez les participants. D’abord, elle apparaît dans la gorge, et ce n’est qu’au bout de cinq jours que le virus culmine. À ce moment, la charge virale est alors plus élevée dans le nez que dans la gorge, a rapporté The Guardian. Les chercheurs ont aussi noté que la charge virale des sujets asymptomatiques dans les voies respiratoires supérieures égalait celle des sujets qui avaient des symptômes.

Il a également été constaté que le temps écoulé entre l’exposition virale initiale et les premiers symptômes n’était en moyenne que de 42 heures. C’est une durée nettement plus courte par rapport à la période d’incubation de trois à cinq jours initialement calculée pour cette souche originale du virus. Enfin, la découverte la plus utile dans l’immédiat concerne la corrélation entre les résultats positifs des tests rapides antigéniques et les charges virales élevées. « Nous avons constaté que dans l’ensemble, les tests de flux latéral [tests LFA] sont très bien corrélés à la présence de virus infectieux », a déclaré Christopher Chiu, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. Il a expliqué que c’était important, car cela signifie que les tests LFA sont très efficaces pour identifier le moment où une personne est le plus contagieuse.

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