Des mesures réalisées à l’aide du spectrographe de haute précision ESPRESSO ont confirmé que Proxima b était bien l’exoplanète en zone habitable la plus proche de notre Système solaire. Explications.

Une exoterre orbitant autour de l’étoile la plus proche du Système solaire

Proxima b avait été repérée pour la première fois il y a quatre ans à l’aide du spectrographe HARPS, ayant permis la découverte de centaines d’exoplanètes depuis 2003. Pour cette nouvelle étude parue dans la revue Astronomy & Astrophysics, les astronomes se sont cette fois appuyés sur les données collectées par ESPRESSO, spectrographe de nouvelle génération capable de détecter les planètes orbitant autour d’étoiles de faible masse avec une précision sans précédent.

En raison de leur faible rayonnement indirect comparé à celui de leur étoile ou de leur proximité avec cette dernière, il est extrêmement difficile d’observer les exoplanètes directement. C’est pourquoi les scientifiques s’appuient généralement sur la méthode des vitesses radiales, consistant à identifier les variations du spectre lumineux émis par une étoile, pour les détecter.

Spécialement conçu pour l’observation de planètes rocheuses, l’instrument ESPRESSO a effectué des mesures de vitesses radiales pour Proxima du Centaure (étoile située à seulement 4,2 années-lumière de notre Système solaire) avec une résolution de 30 centimètres par seconde, se révélant près de quatre fois supérieure à celle des relevés réalisés en 2016. L’analyse de ces données a permis de révéler que Proxima b avait une masse équivalente à seulement 1,17 fois celle de la Terre et réalisait le tour complet de son étoile en à peine 11,2 jours.

Vue d’artiste de la surface de Proxima b – © ESO / M. Kornmesser / CC BY-SA 4.0

400 fois plus de rayons X que sur Terre

« Confirmer son existence était capital, car il s’agit de l’une des planètes les plus intéressantes dans le voisinage proche du Système solaire », déclare Alejandro Suarez Mascareño, auteur principal de l’étude, qui estime que sa masse similaire à celle de la Terre et sa proximité en font « une candidate idéale pour la recherche de biomarqueurs avec la prochaine génération de télescopes ».

Proxima b est environ 20 fois plus proche de son étoile que la Terre ne l’est du Soleil, mais reçoit une quantité d’énergie comparable, du fait de la faible luminosité de celle-ci, tandis que sa température de surface serait propice à la présence d’eau liquide en surface. Toutefois, l’équipe estime qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir spéculer sur l’existence de la vie sur cette exoterre. Sachant que Proxima du Centaure est une naine rouge active et que Proxima b reçoit 400 fois plus de rayons X que la Terre.

« Dispose-t-elle d’une atmosphère la protégeant de ces rayons mortels ? Si oui, celle-ci contient-elle les éléments chimiques comme l’oxygène, propices au développement de la vie ? Depuis combien de temps ces conditions favorables existent-elles ? » s’interroge Christophe Lovis, co-auteur de l’étude. « De futurs instruments, comme le spectromètre RISTRETTO, devraient nous permettre d’en savoir plus. »

Il s’avère que le spectrographe ESPRESSO a également identifié un second signal d’une masse environ trois fois inférieure à celle de la Terre. Bien que sa nature n’ait pas encore été confirmée, il pourrait s’agir d’un satellite naturel, voire d’une seconde planète.

Vue d’artiste de Proxima b et de la naine rouge Proxima du Centaure – © ESO / M. Kornmesser / CC BY-SA 4.0

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deb
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deb

bonjour quelle intérêt cette planète 4,2 années-lumière puff

First
Invité
First

Si son atmosphère contient de l’oxygène,c’est jouable,sinon 400 fois la radioactivité terrestre,c’est mort,la mort assurée ou alors il faudrait que sa masse soit plus faible pour que l’on ai un scaphandre plus lourd qui nous protégerait des gammas.