Image d’illustration ― Diego Barucco / Shutterstock.com

Faisant partie des mondes les plus extrêmes découverts à ce jour, K2-141b est une exoplanète brûlante abritant de véritables océans de lave, balayée par des vents soufflant à des vitesses supersoniques et des pluies de roches.

L’une des exoplanètes les plus extrêmes jamais décrites

Avec plus de 4 000 exoplanètes découvertes à ce jour, les exemples d’objets célestes étranges, incluant une version extrême de Jupiter ou une planète géante capable de flotter sur l’eau, ne manquent pas. Dernière en date à rejoindre ces rangs, K2-141b a été découverte par le télescope spatial Kepler en 2018. Super-Terre rocheuse 50 % plus grande que notre planète, celle-ci s’avère 5 fois plus dense et évolue très près de son étoile, dont elle fait le tour en un peu moins de 7 heures, ce qui se traduit évidemment par des températures extrêmes.

Dans le cadre de cette nouvelle étude présentée dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, des chercheurs des universités McGill et York (Canada) et de l’Institut indien d’enseignement scientifique ont simulé les conditions régnant sur cette exoplanète située dans la constellation du Verseau en étudiant le spectre de la lumière de son étoile filtrant à travers son atmosphère, et le tableau qu’ils brossent est celui de l’une des exoplanètes les plus extrêmes jamais décrites.

Les simulations réalisées suggèrent que K2-141b possède un système similaire au cycle de l’eau sur Terre, c’est-à-dire des océans fluides et de la vapeur atmosphérique se condensant et tombant sous forme de pluies. À la différence près que sur cette exoplanète, les précipitations ne sont pas composées d’eau, mais de roches.

Des conditions apocalyptiques

K2-141b est étroitement liée à son étoile, ce qui signifie que les deux tiers environ de la planète sont constamment exposés à la lumière. D’environ 3 000 °C, les températures y régnant transforment non seulement sa surface en un vaste océan de lave en fusion, profond d’une centaine de kilomètres, mais vaporisent également les roches, créant ainsi une atmosphère composée en grande partie de dioxyde de silicium. À l’inverse, les températures de la face non exposée de K2-141b plongent régulièrement en dessous de -200 °C. Un énorme écart de températures à l’origine de vents atteignant des vitesses supérieures à 5 000 km/h.

Ces vents supersoniques transportent les roches vaporisées vers la partie non exposée de la planète, où elles se refroidissent, se condensent et tombent sous forme de pluie dans l’océan de magma, les courants en résultant refluant ensuite vers le côté brûlant de l’exoplanète. Les chercheurs précisent toutefois que le système n’est pas complètement stable et qu’il est probable que la composition minérale globale de la surface et de l’atmosphère de la planète change avec le temps.

Bien évidemment, tout cela reste pour l’instant de la spéculation simulée, mais l’équipe de recherche estime que ses prédictions pourront être vérifiées dans un avenir proche. « Cette étude est la première à faire des prédictions sur les conditions météorologiques sur K2-141b qui peuvent être détectées à des centaines d’années-lumière avec des télescopes de nouvelle génération comme le télescope spatial James Webb », conclut Giang Nguyen, auteur principal de l’étude.

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