Dans certains pays du monde, des pratiques barbares comme l’excision sont encore courantes. Le Soudan faisait partie de ces pays, mais une nouvelle loi va enfin mettre fin à cette coutume. Désormais, la mutilation génitale féminine est considérée comme un crime selon la loi soudanaise et sera passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison.

La suppression définitive d’une pratique séculaire

Le Conseil souverain du Soudan, la plus haute autorité du pays, a ratifié une loi interdisant la pratique généralisée des mutilations génitales féminines, a annoncé le ministère de la Justice. Cette décision accorde au mouvement pour les droits des femmes une victoire très attendue. Le conseil, comprenant des autorités militaires et civiles, a ainsi approuvé une série de lois qui indique que les mutilations génitales féminines (MGF) ou les excisions sont désormais un crime, dans la mesure où cela « porte atteinte à la dignité des femmes », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Grâce à cette nouvelle loi, toute personne osant pratiquer une MGF est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison accompagnée de lourdes amendes. Les individus ne sont pas les seuls à être concernés par la nouvelle loi ; les cliniques ou toute autre institution pratiquant l’excision sont également soumises à cette législation et risquent la fermeture en cas d’effraction. À noter que cette nouvelle loi date du mois d’avril, mais elle n’a été promulguée et publiée dans le Journal officiel que le jeudi 9 juillet dernier.

Ce changement tant attendu fait suite à une vague de manifestations des femmes soudanaises en 2019, réclamant le respect de leurs droits les plus fondamentaux. Ce mouvement de la part des femmes soudanaises a permis de renverser l’ancien régime d’Omar al-Bashir qui, au cours des 30 dernières années, a confisqué la liberté et les droits des femmes, les plaçant sous la tutelle des hommes. Malgré l’adoption de cette nouvelle loi, la transition sera encore difficile, car l’excision est une pratique solidement ancrée dans la coutume soudanaise. La MGF est notamment considérée comme un moyen de préserver la chasteté et la pureté des femmes.

— Claudiovidri / Shutterstockcom

De nombreux changements en vue pour le Soudan

Outre l’interdiction de l’excision, d’autres mesures pour garantir le respect des droits des femmes ont également été prises. Selon la RFI, les femmes soudanaises n’auront désormais plus besoin de permis de voyager de la part des membres masculins de leur famille pour se déplacer selon leur désir. Il en va de même pour leurs enfants. Autre changement majeur en vue, l’apostasie sera désormais décriminalisée. Cela signifie que les Soudanais ont maintenant le droit de changer de religion sans être punis par la loi. Enfin, les femmes soudanaises auront aussi le droit de choisir un époux en dehors de leur religion.

Les femmes ne sont pas les seules à avoir bénéficié des réformes apportées dans la loi soudanaise. Le Soudan a en effet décidé de permettre aux non-musulmans de consommer de l’alcool dans le pays, a rapporté France24. À rappeler que le fait de boire des boissons alcoolisées au Soudan était considéré comme un crime depuis le régime de l’ancien président Jaafar Nimeiri qui avait introduit la loi islamique en 1983.

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de simple bon sens !
Invité
de simple bon sens !

C’est une bonne ET une mauvaise nouvelle ….. une bonne nouvelle … car il était temps de condamner et mettre fin à ces « barbaries » …. La mauvaise nouvelle…. c’est la confirmation (une fois de plus !) de le « beau modèle » c’est trompé …. car le « beau modèle » n’a pas dénoncé… Lire la suite »

de simple bon sens !
Invité
de simple bon sens !

En relisant l’article, je relève un lapsus singulièrement révélateur …. Vous écrivez « Les cliniques ou toute(s) autre(s) institution(s) …. (à mon avis le pluriel est de mise !) ….. et risquent la fermeture en cas d’effraction. » c’est en cas « d’infraction » …. « l’effraction » c’est le délit que la loi dénonce ….à… Lire la suite »